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Keara Nimue

Inscrit le : 29 Mar 2008 Messages : 378 Origine de votre personnage : Autrichienne Son clan : die Weisse Rose Rose Blume Votre clan: Die Weisse Rose Cours que vous suivez: Vos objets personnelles:
| Sujet: Maison de la Sorcière Ven 2 Mai - 20:47 | |
| Home sweet home... La demeure de la Guérisseuse se trouve un peu à l'écart du village, entre les dernières maisons et la lisière des bois. C'est une bâtisse plutôt modeste, sans grand confort, mais pas vétuste. Une maison de brique, au toit de tuiles, mais tout cela fort propret. Un jardin l'entoure, sans clôture. Dans un coin poussent des lupins et des potirons, ainsi que quelques rangées de légumes. Le reste est occupé par des herbes folles et des fleurs sauvages. Un petit sentier conduit sur le pas de la porte; une porte en bois délavée, mais solide, à la serrure marquée par l'âge, mais non par la rouille. On y frappe n'importe quand, même la nuit. Si elle vous ouvre, même si l'heure est indue, elle ne vous jettera jamais une serpillère en pleine tête, ni un sort pour vous retrouver avec un bouton de fièvre sur le nez jusqu'à la fin de vos jours. Il n'est pas toujours dit qu'elle y soit, mais étrangement, à chaque urgence, elle était là... L'intérieur en lui-même n'est pas fantastique, ni d'un luxe à tomber par terre. Il est aussi bien tenu que l'extérieur. Le sol est un dallage terne, soigneusement lavé, parsemé de sable blanc. Trois fenêtres éclairent la pièce unique de cette maison de plein-pied, mais un genre de mezzanine à laquelle on accède par une échelle de meunier mène à la paillasse de la jeune femme. La pièce, donc est spacieuse et ses murs sont blanchis à la chaux. Un des murs est entièrement occupé par un grand meuble qui ressemble fort à ceux des apothicaires : vitrines, alcôves et étagères, tout cela occupé par des centaines de livres et deux fois plus de bocaux contenants poudres et graines, des tiroirs renfermant quantité d'herbes et de raçines, des placards occupés par des creusets, des bols de terre, des pillons, et tout un bric à brac de choses étonnantes.
Une table de chêne blanc et massif occupe le centre de la pièce, couvert d'un bazar hétéroclites, là encore composé de feuilles, des plumes tâchées d'encre, une coupe de vin à moitié vide, des dés, des cartes...
Une immense cheminée occupe aussi un coin important de la pièce, où ronfle la plupart du temps un feu, ou au moins quelque braises, sur lesquelles mijote une marmite de fonte. Un vrai chaudron de sorcière. Au plafond, aux poutres, sont pendues là aussi nombre d'herbes, de gousses d'ails, mais aussi un jambon =3 Une grande armoire finit d'occuper la pièce, et devant, un grand baquet d'eau, à côté d'un genre de petite porte qui donne sur un appentis, près d'une pompe.
Peu de gens sont entrés dans l'antre de la Sorcière...
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Keara retira le verou, ouvrit la porte, et pénétra dans la pièce, où la lueur tremblotante du feu faisait naitre des ombres fantasmagoriques sur les murs blancs. Elle s'approcha de l'immense meuble, ouvrit un tiroir à l'aveuglette, farfouilla, et alla allumer plusieurs bougies d'une bonne cire d'abeille dans la cheminée, qu'elle posa sur des chandeliers couverts de cires. La lumière chaude des flammes se mit à danser et révéla le spectacle de la pièce. La Sorcière retira tout le bric-à-brac qui tronait sur la table, le repoussa dans un coin, et montra un banc à ses deux compagnons.
"Assis, que je vous examines. Tous les deux."
Elle avait dit ça avec une autorité sereine, préparant déjà plusieurs bocaux, et, à l'intention de Denis, plusieurs petits instruments inquiétants qui devait sûrement servir à extraire sa nouvelle panoplie de porcépique. Près du baquet d'eau, elle lava la plaie de sa tempe, rinçant peau et cheveux. Etrangement, la plaie semblait déjà cicatrisée... _________________ Carpe diem quam minimum credulo postero...
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|  | | Nicolette Belgem Weisse Rose


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| Sujet: ... Ven 2 Mai - 23:22 | |
| [ concours ! ]
Nickie l'avait suivi d'un pas mal assuré à travers le hameau, jusqu'à la lisière de la forêt. Elle n'avait jamais remarqué cette habitation, durant les vadrouilles qu'elle avait eut le temps d'entreprendre à travers Higenheim depuis son arrivée. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir fureté aux alentours de l'aurée du bois, dans lequel elle n'avait encore jamais pénétré. Elle embrassa d'un regard trop épuisé pour laisser de place à l'enthousiasme l'intérieur modeste et confortable de la cassine. Ça, correspondait parfaitement à l'idée qu'elle avait d'une maison. Si tant est qu'elle eut une idée concernant les maisons, auxquelles elle n'avait eut affaire que très ponctuellement. Mais les murs étaient épais et sécurisants, les fenêtres qui se couvraient peu à peu de neige les isolaient d'un dehors effrayant et l'ambre fluide que jetait sur les murs le feu de cheminée lui inspirait un ineffable réconfort. La chaleur ambiante lui parut providentielle et lui rappela à quel point elle se sentait frigorifiée ; retrouver des lares apaisantes après une pareille soirée lui semblait d'un bonheur indicible et l'incitait à se laisser aller à la torpeur qui réclamait depuis de longues minutes pour l'envahir. Peu importait ses contusions, sa blessure et le fait qu'elle fut recouverte des pieds à la tête d'une pellicule de plâtre qui lui donnait l'air d'une statue de sainte vierge, face au sommeil qui s'insinuait sournoisement et engourdissait ses jambes roidies par le froid et la fatigue. Elle se surpris à esquisser un sourire appréciateur. Qui s'effaça aussitôt que la guérisseuse eut désigné le banc et leur eut commandé d'un ton sans réplique de se laisser ausculter, remplacé par l'air penaud que n'importe quel patient face à son docteur se prend à arborer. Quinaude, elle s'exécuta, tâchant comme tout bon patient de prendre le moins de place possible sur le siège et de paraître aussi petite et insignifiante qu'elle le pouvait. Sa blessure à la poitrine continuait de la lancer cruellement, mais le froid brûlant avait calmé le saignement et quelque peu assourdi la douleur. Elle n'avait pas osé recouvrir de neige la lésion, craignant d'attraper la mort en bonus en commettant la bêtise de se surgeler le sternum. Il n'en restait pas moins que l'étoffe qu'elle avait arraché de son vêtement pour éponger maladroitement la plaie était à présent détrempée et entièrement teintée d'écarlate. La gamine se voyait déjà déguster et ne prévoyait pas un sort plus enviable au chasseur criblé d'échardes. Résignée, elle risqua vers ce dernier un regard sombre de grabataire prêt à se faire charcuter. On se demande parfois de quel côté est le bon Dieu... |
|  | | Denis réam Weisse Rose


Inscrit le : 24 Mar 2008 Messages : 355 Origine de votre personnage : Française Son clan : Rose blanche Rose Blume Votre clan: weisse rose Cours que vous suivez: Vos objets personnelles:
| Sujet: Re: Maison de la Sorcière Sam 3 Mai - 0:59 | |
| [concours]
Dieu, celà faisait longtemps que le chasseur ne comptais plus dessus. Il ne se souvenait plus le nombre de fois ou il avait dû passer sur le billard. Mais bon, quand on avait servi comme soldat, on savait qu'il valait mieux se faire soigner par n'importe qui d'autre que par un médecin... Sur un champ de bataille, on appelait les personnes les plus compétentes: les chirurgiens et autres rebouteux, qui a défaut d'avoir un doctorat en poche possédaient suffisamment de pratique et de bon sens pour valoir une douzaine de médecins, capables de prescrire une saignée a un anémique s'étant fait trancher une jambe. Le fait qu'ils soignent aussibien hommes que chevaux ne le dégoutait pas: il fallait bien qu'ils se fassent la main et au moins ils pouvaient s'adapter a toutes situations. Ainsi Denis se retrouvait une fois de plus a attendre patiemment que l'on vienne fouiller sa chair avec des ustensiles plus ou moins conventionnels. Il espérait juste que Kéara avait autre chose comme pince que le forceps qui trônait fièrement sur la table... Il ne s'inquiétait pas outre mesure pour l'avalanche de contusions recouvrant son corps: il en avait vu d'autres, et son dos guérirait sûrement assez vite d'après son expérience. Mais bon pour ce qui était des échardes, il allait déguster sévèrement, a n'en pas douter. Il eut un sourire bravache face au regard inquiet de nicolette, avant de lui lancer une de ces paroles rassurantes qui fichaient une trouille bleue qu'il affectionnait tant:
""- Ne vous inquiétez pas , ma jeune amie , ce ne sont que les premières minutes des soins qui sont désagréable...""
Pause de quelques secondes, avant d'ajouter nonchalemment, comme parlant a lui-même:
"" - Tout va beaucoup mieux une fois que la douleur est devenue intenable, on ne sent plus rien quand on est dans les vapes.""
Mais le souvenir de la nuit ou il avait bien failli perdre sa jambe rejaillit et fit disparaître son sourire: l'opération avait durée plus d'une heure, et la douleur avait été insoutenable durant plusieurs jours: son maître lui avait raconté qu'il oscillait entre délires et coma, et ce pendant des dizaines d'heures. L'alcool n'était pas vraiment un bon antalgique, mais c'était la seule chose qui l'avait maintenu en vie pendant l'opération. La douleur était encore là, lui rappelant encore et encore qu'il ne possédait pas assez de forces pour rivaliser avec un lycan a mains nues, comme si une petite voix lui souflait dans ces moments de triomphe comme de défaites: "souviens-toi que tu n'est qu'un homme". Bon ,là c'était plutôt "souviens toi que tu n'est pas un hérisson, alors arrête de l'imiter" que la petite voix souflait, mais l'esprit était le même.
Le chasseur n'avait pas peur le moins du monde, et préférait un million de fois passer entre les mains de Kéara qu'entre celles du Docteur de l'institut, qu'il soupsonnait d'être d'une totale incompétence doublée dE sadisme. _________________ Le savoir, c'est le pouvoir: cachez le bien |
|  | | Keara Nimue

Inscrit le : 29 Mar 2008 Messages : 378 Origine de votre personnage : Autrichienne Son clan : die Weisse Rose Rose Blume Votre clan: Die Weisse Rose Cours que vous suivez: Vos objets personnelles:
| Sujet: Re: Maison de la Sorcière Sam 3 Mai - 17:04 | |
| [sans concours ! Et paf ! xD]
Keara continuait à fouiller dans ses affaires, accompagnant ses recherches d'un régulier raclement, témoin du bazar qui régnait. Elle n'avait que 18 ans, et même si pendant quatre ans elle avait servi le Père Guillaume, elle n'était que modérément attachée au rangement. Lorsque les deux furent installés, elle se retourna vers la table, les bras chargés de linge propre, de plusieurs bols remplis d'herbes et d'autres choses non identifiées, sauf une, peut-être, qui était là clairement reconnaissable pour Denis. Une bouteille de vin, couverte de poussière, trônait sur la pile à l'équilibre précaire entre ses bras. Elle posa le tout sur la table, sans trop de délicatesse, soulagée de se débarrasser de son fardeau. Elle décida de s'occuper d'abord de Nicolette. Elle serait la plus facile à soigner, et surtout en moins de temps, car vu le nombre d'échardes et d'éclis que le Chasseur arborait, la Sorcière en avait jusqu'à l'aube... La Guérisseuse indiqua le baquet d'eau glacé d'un geste de la tête à la girlscout, pendant que ses mains s'affairaient à broyer sauge, plantain, menthe et ail dans un creuset. Vertues cicatrisantes et antispetiques. Parfait.
"Nettoyez délicatement votre plaie à l'eau glacée. Ne frottez pas, retirez juste les impuretés."
Lorsque la demoiselle fut revenue, propre, la Guérisseuse aspergea la blessure d'un liquide translucide,mais trop épais pour être de l'eau. Elle appliqua ensuite sans ménagement une épaisse pommade à la couleur jaunâtre, avant de faire un pansement d'une main de maître. Elle alla tremper ses mains, les essuya consciencieusement, puis s'enquit :
"C'est là votre seule blessure ? ... Vous ressentirez sûrement des courbatures et des ecchymoses demain...Je verrais ce que je peux faire, après m'être occupée de Herr Réam. Si vous avez faim, il y a du gruau dans la marmite... Je sais, vous préféreriez sans doute autre chose, mais je n'ai pas le temps... Ah quoique, il y a un jambon à la poutre, et du pain dans un torchon, là, dans l'armoire..."
Elle avait dit cela distraitement, son front pur barré par une ride de soucis, témoin que plusieurs pensées se chamaillaient dans son esprit. Sans s'en préoccuper d'avantage, elle regarda Denis, la tête appuyée sur sa main, le coude lui-même en appui sur la table. Elle fixait le Chasseur, mais ne disait rien. Ses yeux de chat ne laissaient rien transparaître. Il y avait de quoi tressaillir et être mal à l'aise, devant ce silence prolongé, avec ce regard perçant qui vous fixait sans relâche. Après plusieurs loooongues, trèèèès loooongues minutes, Keara releva la tête, et sortit un verre, avant de déboucher maladroitement la bouteille de vin. Elle se tourna à nouveau vers le Chasseur, et lui offrit le vin et le godet.
"Ca ne va pas être une partie de plaisir, mon cher. Alors buvez, saoulez vous, c'est ce qu'il y a de mieux à faire."
La tête au calme, elle avait abandonné le tutoiement. On verrait plus tard pour les insultes XD Elle attendit quelques instants encore qu'il ait bu, avant de sortir couteaux, pinces et scalpels, tout ça aseptisé à la flamme d'une bougie. Elle commença par le dos, et ne put retenir un petit sourire de compassion à la vue de sa nouvelle carapace de hérisson. Puis elle s'y attaqua, avec une douceur incroyable sans être dépourvue d'efficacité. Elle en avait vu d'autre, et cela se sentait. A mesure qu'elle les enlevait, elle posait les pics sur la table, noircis de sang, et nettoyait chaque blessure, vérifiait qu'elle n'avait oublié aucun éclit. La moindre parcelle de bois pourri oublié et il risquait la gangraine. Elle recouvrait chaque plaie d'onguent, et lorsque tout serait bien propre, elle le recouvrait d'un magnifique pansement propre taille XXXL dora l'exploratrice. Tout en travaillant, avec une minutie que même un orfèvre lui envierai, elle se mit à parler : "Avez-vous déjà lu quelque chose à propos de ces voleurs d'âme, Herr Réam ?"
Un instant, les yeux de félin de la Guérisseuse parcoururent les rayons où reposaient une quantité d'ouvrages à la couverture de cuir, ne comportant aucun titre sur la tranche, mais traitaient tous d'ésotérisme, d'occultisme, d'herboristerie, de sorcellerie, comme de religion. Il devait même y en avoir de sciences... Elle essayait de rassembler ses souvenirs et son savoir, sans parvenir à cerner le problème complètement.
"De toutes manières, il est hors de questions que je recommence une invocation autrement qu'en belle saison...
Elle se rappela que le lendemain serait une dure journée, car purifier un cimetière n'est pas chose aisée. Ca en fait des mètres carrés à ratisser !
"A ce propos, avez-vous été renseignez, tous les deux ? Je veux dire, les dires de la servante vous ont-ils suffit ? Une idée sur l'identité de "elle" ?"
Sur ce point là, Keara était plus ou moins perdue. Les choses qui se passaient dans le domaine lui étaient interdites... _________________ Carpe diem quam minimum credulo postero...
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|  | | Nicolette Belgem Weisse Rose


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| Sujet: ... Dim 4 Mai - 0:43 | |
| Nickie déglutit, s’efforçant d’ignorer l’allocution encourageante du chasseur. Elle jeta un regard à sa lésion ; non, ce n’était pas grand chose, elle avait connu bien pire, malgré sa faculté exceptionnelle à s’attirer des ennuis et à en sortir indemne. Cependant au travers de son épuisement, il lui sembla vaguement que quelque chose la tracassait, une impression qui ne l’avait pas encore effleuré, lorsqu’elle posa un regard furtif sur les blessures du chasseur. Mais elle n’y prêta pas plus d’attention et exécuta dans un état second les instructions de Keara, rinçant maladroitement sa couche d’enduit poussiéreuse jusqu’à retrouver une figure à peu près humaine. L’eau glacée ne parvint pas à évacuer la sensation d’endormissement qui se faisait de moins en moins répressible, mais l’aida à tenir ouvertes ses paupières, qui vibraient légèrement, lourdes d’éreintement. Lorsque ce fut chose faite elle retourna aux côtés de ses partenaires et se laissa retomber sur le banc, ressentant à grand peine les soins que lui prodiguaient la sorcière, grimaçant à peine au contact du cataplasme. En d’autres circonstances, elle aurait accueilli avec stupeur cette nouveauté ; elle n’avait jamais été chouchoutée, ni pansée avec autant de délicatesse. Son ancienne vie l’avait habitué à des garrots de fortune, déchirés dans un vêtement et serrés avec rudesse, accompagnés, dans le meilleur des cas, d’un godet de gnaule et d’une moitié de paillasse. Les prostituées de Montmartre avaient toujours eu le sens de la solidarité. Mais à travers sa léthargie, cette première fois ne lui inspira qu’une délicieuse sensation de confort et de protection, à laquelle elle se laissa agréablement aller. La môme gratifia la guérisseuse d’un regard rendu un peu vitreux par le sommeil, mais néanmoins emprunt d’une profonde reconnaissance et d’une estime nouvelle. Elle acquiesça, entendant à peine ce qu’on lui disait. Mais elle en avait compris le sens global. Lorsqu’il s’agissait de nourriture, son instinct se chargeait de ne rien laisser lui échapper : un titi pouvait se réveiller du coma à la simple évocation d’un quignon de pain. Sur lequel elle se rua avec un appétit déconcertant, s’en emparant comme un animal sauvage se cache pour avaler à toute vitesse ce qu’on lui tend. Elle eut quand même l’élémentaire politesse de remercier Keara – la bouche pleine. La jeune femme se sentit l’esprit plus clair une fois rassasiée, et appuya à son tour son menton dans le creux que formaient ses bras croisés sur la table. Les flammèches fragiles des chandelles se mouvaient avec fluidité, jetant sur son visage de multiples flaques d’ambre liquide. Une bûche s’écroula dans l’âtre, projetant au-dessus des flammes une multitude de petites étincelles dorées qui s’élevèrent silencieusement dans le conduit. La somnolence la vainquait à présent, tandis qu’elle couvrait d’un œil paresseux et attentif les soins que prodiguait Keara. Elle allait se faire violence pour proposer son aide lorsque la sorcière la coupa dans son intention en questionnant monsieur Réam. Son esprit n’était pas suffisamment embrumé pour lui interdire de ressasser depuis plusieurs minutes le peu qu’ils avaient appris, cherchant avec acharnement le moindre indice, la moindre information qui lui aurait échappé. Mais la déception demeurait : ils avaient perdu du temps et la seule invocation que tenterait la sorcière, ils avaient été repérés dans leurs recherches par… elle ne savait quoi, mais qui ne leur voulait sûrement pas du bien, blessés de surcroît. En outre, ils avaient ravagé une partie du cimetière, ce qui ne manquerait pas d’alarmer les villageois. Zéro sur toute la ligne : tout ce qu’ils savaient, c’était que le meurtrier était une personne, une femme, probablement inattendue. Probablement influente pour être insoupçonnable et empêcher les rumeurs d’altérer le flux continu d’élèves qui arrivaient dans cette académie, connue des domestiques, aillant accès à la totalité de la propriété… Le portrait aurait put désigner un nombre incalculable d’individus, dans ce milieu où le pouvoir se reconnaît aux nombres de pressions exercées. C'était ce qu'elle se répétait, ce qu'elle tournait et retournait dans tous les sens possibles, comme une odieuse litanie. Non, vraiment, ils s’étaient échinés pour au final faire quasiment chou-blanc. Elle retourna son attention vers Réam, toujours silencieux pendant qu’ils se faisaient extraire une à une ses épines du dos. Décidément, quelque chose la chiffonnait. Elle avait été motivée à le suivre par sa curiosité, son caractère emporté, et peut-être aussi par la peur. Lui n’était sûrement pas du genre à plier à ce genre de fantaisies. Que gagnait-il à mener cette enquête périlleuse, que le danger vienne de monstres ou de la société ? Son regard avait recouvré une certaine vivacité et le fixait à présent. Qu'est-ce qui pouvait bien le pousser à risquer sa peau et sa place dans ce genre d'investissements ? Il oeuvrait en secret, il ne pouvait en tirer aucune gloire, encore moins d'argent... Et il ne semblait pas être de ceux qui se lancent sur un coup de coeur dans je ne sais quelle entreprise hasardeuse, pour le simple plaisir de frissonner devant une armada de monstres... _________________
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|  | | Denis réam Weisse Rose


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| Sujet: Re: Maison de la Sorcière Dim 4 Mai - 23:46 | |
| Denis lampa le récipient d'alcool plus par désir de combler sa dépendance que pour calmer la douleur. Il se laissa faire, sans emettre un seul bruit. Il était habitué a ce genre de situations, et remerciait secrètgement le ciel du talent de Kéara en ce qui concernait les soins. Il se sentit donc obligé de répondre aux attentes de la jeune guérisseuse concernant son savoir.
"" - Les voleurs d'âmes? Je n'ai pas fait que lire, ma chère. J'ai aussi receuilli diverses anecdotes directement de la bouche des autres chasseurs, il se trouve que je suis ce qu'on appelle un gardien du savoir, comme mon maître avant moi, un érudit parmis les chasseurs, d'où ma couverture de bibliothécaire. Ce qu'ils sont? Des êtres hybrides, mi réels mi éthérés. Certaines légendes en font des âmes damnées d'hommes et de femmes d'un narcissisme tel que les seigneurs des enfers les lâchent sur terre pour s'accaparer toute l'énergie rémanente des morts récents? afin d'alimenter les cercles infernaux en énergie vitale. Ils seraient guidés par un désir d'aspirer attention et énergie, tels des Maëlströms cherchant a devenir le centre de toute puissance et des attention. Ils s'attaquent donc aux morts qu'ils détectent, et aux vivants qu'ils trouvent sur leur chemin.Ce n'est qu'une légende invérifiable, mais celà en fait des sortes de chiens de chasse pour démons. Le problème étant que contrairement aux démons, ils ont conservés une attache avec ce monde, et peuvent y pénétrer plus facilement. L'avantage est qu'ils sont relativement stupides et limités, et c'est un fait heureux car comme vous avez pu le constater, leur puissance compense largement ce défaut.""
Denis grimaça de douleur lorsque Kéara retiraaun fragment particulièrement épais. Il prit une inspiration avant de continuer.
"" - Vous avez pu remarquer que j'ai sauté sur le dos du premier, ce n'est pas sans raisons. Il se trouve que de tous les membres de ces monstres , la gueule est le seul réellement dangereux. Une simple morsure franche, et votre âme est aspirée , consommée par l'animal. Selon de nombreuses sources, ils seraient à l'origine de beaucoup de morts chez les chasseurs comme chez les guérisseurs, et il semble que peu de personnes survivent a ce genre d'expériences.. Mais le plus interessant est que jamais aucune personne n'est parvenue a en capturer un, vivant comme mort. ""
Il plongea son regard froid dans les yeux de la sorcière, ce qu'il allait dire nécéssitait son attention la plus totale:
"" - On ne peut les tuer qu'avec la magie la plus noire ou un objet béni très puissant, et même lorsqu'on y parviens, la bête retourne a l'état de poussière en quelques minutes, ce qui fait que nul ne sait de quoi ils sont réellement constitués. On peut les vaincre par la force brute, mais ils ne meurent pas et reviennent simplement dans le plan éthéré, selon la légende. Toujours selon la légende, ce sont des créatures solitaires, qui en rencontre un se trouve en des lieux où de bien funestes desseins se trament, qui en rencontre plusieurs... ""
Il hésita avant de finir sa phrase, mais réalisa que toute marche arrière était impossible. Il poursuivit donc.
"" - Se trouve dans une place destinée a acceuillir un véritable enfer sur terre . N'invoquez plus de défunts sans d'infinies précautions Kéara, plus jamais. Et n'approchez pas trop souvent le cimetière, ou du moins jamais sans être accompagnée d'un villageois, j'ai bien peur que nous ayons laissés des traces laissant penser a une profanation de sépulture, le prêtre n'attend que celà pour vous persécuter""
Voilà, il avait évoqué le sujet. A près ça elle pouvait faire ce qu'elle voulait, elle ne pouvait pas dire qu'elle n'était pas prévenue. Il eut un soupir avant de répondre a la question suivante.
"" - Rien que vous n'avez déjà deviné. Il sagit d'une femme, arrivée avant la rentrée, connue dces servantes, et qui n'est pas vous , Kéara. Nickie est bien sûr innocente car nouvelle arrivante. Il semble que Mademoiselle Von teshen soit sous réserve hors de cause, car citée auparavant. La jeune servante aurais donc répétée son nom plutôt que de rester si évasive. Donc servantes, villageoises, personnalités féminines du coin, élèves filles de l'an dernier et professeures sont suspectes. Nous avons supprimés de la liste les hommes et les nouvelles, c'est déjà bien... mais ce n'est pas assez. ""
Il avait répondu a ses questions, a son tour d'en poser, il avait peut être joué les équilibristes sur un poney de l'enfer, mais il avait capté certaines actions de la sorcière:
"" - Kéara, avez vous idée de ce qu'est le pendentif avec lequel vous avez bléssée le dévoreur? Ce ne peut être qu'un artefact très puissant pour générer de tels dégats... Dites m'en plus sur celà, et soyez assurée que je ne le convoite pas, n'ayez craintes. Je ne suis pas vraiment interressé par les dévoreurs d'âmes. " _________________ Le savoir, c'est le pouvoir: cachez le bien |
|  | | Keara Nimue

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| Sujet: Re: Maison de la Sorcière Lun 5 Mai - 18:50 | |
| [concours impossible si on a pas vu les films XD] [après EDIT : deuxième concours vraiment trop facile XD]
Keara écouta le Chasseur parler avec attention. Ce n'était d'ailleurs pas Denis lui-même qui parlait, mais l'Expérience. Elle tira d'un coup sec sur une écharde, et le posa calmement sur la table.
"J'ai vu, en effet...
Soudain, elle réalisa quelque chose, et cette réalité la frappa de pleins fouet. Elle déglutit, et murmura :
"Nous nous sommes enfuis...Mais est-ce qu'ils ont dévorés la jeune servante ?"
Elle savait être inaudible, ou presque. Elle savait également que l'enfant était déjà morte depuis longtemps, et qu'eux, ils avaient ainsi sauvé leur vie. Mais quoi de plus monstrueux que de se faire dévorer l'âme ? Elle n'ajouta rien, bien consciente qu'une visite au cimetière la journée suivante s'avérait primordiale. Elle écoutait toujours attentivement Denis, tout en faisant danser ses doigts autours des plaies, retirant chaque épine avec dextérité. Puis, son regard sinople croisa celui de Herr Réam, et elle le soutint sans ciller. Elle maintint ses yeux félins dans ceux du Chasseur alors que celui-ci semblait hésiter à finir sa phrase.
"S'il vous plait, Herr Réam, ne me croyez pas stupide. Savez-vous seulement ce que coûte d'invoquer un mort ? Quelle blessure, quelle souffrance cela provoque ? J'ai déjà enfreint une des règles élémentaires qui veut qu'on attende une nuit de printemps ou d'été .
Elle avait parlé d'un ton tiède, car elle était incapable de froideur, mais on sentait une exaspération mêlée à une certaine fatigue, et peut-être une douleur sourde et contenue. Elle ajouta, d'un ton las :
"Pour ce qui est du cimetière, j'en fais mon affaire... Occupez-vous de ce qui se passe au pensionnat, je pense que vous serez déjà fort occupés, avec mademoiselle Belgem..."
Elle jeta un coup d'oeil à la demoiselle en question, qui, recroquevillée, la tête sur ses bras, semblait somnoler, mais l'éclat perçant de ses yeux sombres indiquait le contraire. Elle ressemblait à un chiot, qui, le ventre pleins, se laisser aller à la chaleur du foyer. La jeune Sorcière reporta son attention sur Denis, et à propos de la mystérieuse "elle", elle déclara :
"C'est mince, Denis, très mince... Anorexique, même."
Puis, elle termina consciencieusement son travail. Elle nettoya le sang qui roulait par endroit, désinfecta avec la même potion que Nickie, tamponnant avec douceur une peau qui semblait déjà avoir bien vécue, vu le nombre de cicatrices, infimes, qui jalonnaient son dos. Enfin, elle fit un bandage, serré et propre. En se levant, et s'étirant paresseusement, elle ajouta d'un petit ton satisfait :
"Voilà. Laissez le environs trois jours, et ensuite vous pourrez l'enlever. Si cela n'a pas cicatrisé correctement, revenez me voir."
Puis elle se mit à nouveau à farfouiller dans la pièce, rangeant de façon sommaire son outillage. Les éclats de bois finirent dans le feu, faisant naître quelques flammèches aux reflets émeraudes sur les pierres du foyer. C'est alors que le Chasseur posa sa question. Keara lui tournait le dos à cet instant, mais si il avait pu la voir, il n'aurait vu qu'un sourire triste et pâle. Ses épaules, qui d'habitude se tenaient droites, fières, un port un peu trop noble pour une Guérisseuse soit dit en passant, s'affaissèrent d'un coup. On entendit qu'un soupir, puis elle se retourna. Le feu dansait sur ses mèches blanches, et ses yeux de chat étincelaient. Si, lorsqu'elle soignait ses deux nouveaux compagnons, on lui aurait aisément donné cinq, ou peut-être dix ans de plus, à cet instant, elle ressemblai plus à une enfant de treize ou quatorze ans qu'à la jeune femme de dix-huit ans qui était la bienfaitrice du village. Le changement était saisissant, et la lueur fantasmagorique du feu rendait le spectacle encore plus flagrant. Un sourire timide, innocent, mais tellement suave, où planait encore l'ombre de son demi-sourire habituel, apparu sur sa bouche claire, et elle dit simplement en hochant la tête :
"C'est la Dame en Noir qui me l'a offert."
Denis serait sûrement surpris. Ce n'était plus une adulte qu'il avait devant lui, mais le fantôme d'une gamine dans le corps d'une Sorcière qui avait grandit trop vite. Elle défit d'un geste sec la chaîne d'argent de son pendentif, et le balança distraitement devant ses yeux. (le retour du cure dent XD)
"La dernière fois que je l'ai vue...Nous nous sommes assis là; elle m’a serré sur son cœur. J’étais une toute jeune fille ; j’avais 15 ans... elle m’a dit de rester là, sur ce banc, et puis elle s’en est allée et je ne l’ai plus jamais revue... C’était le soir... un doux soir d’été, le soir de la mort de mon maître... Oh ! elle n’avait jamais donné signe de vie durant mon apprentissage, mais je savais qu’elle viendrait le soir... un soir plein d’étoiles et si clair que j’ai espéré un instant distinguer son visage. Cependant, elle s’est couverte de son voile en poussant un soupir. Et puis elle est partie. Je ne l’ai plus jamais revue.
La voix de Keara mouru dans un murmure, tandis que son pendentif en argent se balançait toujours, toujours...
"Elle m'a dit que ça me protégerait du Mal..." _________________ Carpe diem quam minimum credulo postero...
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|  | | Nicolette Belgem Weisse Rose


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| Sujet: ... Mer 7 Mai - 14:56 | |
| Nickie couvrit de l'oreille la plus attentive dont elle était capable les explications du bibliothécaire. Sa curiosité et l'avidité que lui inspiraient ces informations se heurtaient néanmoins à ce doute nouveau, qu'elle se formulait avec de plus en plus de précision ; il y avait décidément quelque chose d'encore plus louche qu'elle l'avait soupçonné dans les activités de ce type. Outre ses motivations inconnues, elle se méfiait de l'aspect sectaire qu'elle croyait deviner au travers des bribes de paroles entendues à propos de ces Chasseurs. Confusément, elle se demanda si elle devait s'en inquiéter dans l'immédiat, mais elle ne su réprimer un bâillement à s'en décrocher la mâchoire et décréta qu'elle y songerai plus tard."..une place destinée a accueillir un véritable enfer sur terre. Parfait. De crève-la-faim dans les rues de Paris, elle devenait cible potentielle de créatures dentues au fin fond de l'Autriche. Finalement, elle aurait peut-être mieux fait de se fiancer avec un garçon de cirque, et devenir funambule ou cracheuse de feu. Et dire qu'elle l'avait sérieusement envisagé avant de se faire rafler hors de chez les sabouleux... Elle devina plus qu'elle n'entendit la question de la guérisseuse et se contenta d'esquisser insensiblement une grimace éloquente. Elle aurait été tentée de dire que les sensations brutales qu'elle avaient ressenties pouvaient avoir une signification ou une réponse à cette interrogation, ne serait-ce que pour se convaincre elle-même qu'elle n'avait pas chié dans son froc sitôt le premier fantôme arrivé. Ou plutôt disparu.
" Elle a brusquement coupé tout contact, elle s'est sûrement enfuie en les sentant arrivée..."
Mais ses paroles sonnaient creux. A dire vrai, elle n'en avait aucune idée, encore moins en ce moment qu'en temps normal. Exténuée, les tempes bourrées d'un coton insidieux, elle laissa non sans une once d'exaspération ses partenaires s'envoyer des piques, songeant vaguement à la remarque de Keara. Non, ils ne manqueraient pas d'occupation dans l'enceinte du pensionnat. D'autant plus qu'ils ne trouveraient rien, à plus forte raison si ses spéculations quant à l'étouffement des informations s'avèreraient correctes. D'ailleurs elle aurait bien de la chance si elle arrivait à extorquer le moindre élément nouveau, avec sa tête de piaf mouillé et son élocution de va nu pieds. La voix pâteuse, elle s'efforça d'articuler sa question.
" Est-ce que vous avez eu des échos, dans le village, concernant ces histoires ? J'imagine qu'auprès des habitants ça a put s'étendre en silence au dehors du pensionnat... Et puis un certain nombre de villageois sont employés par cette académie."
Pour sûre, elle aurait certainement plus de chances de s'informer auprès des habitants d'Higenheim que des pourceaux emperruqués qui s'appliquaient à lui pourrir l'existence. En tant que gamine habituée aux fraudes en tout genre, elle avait des ressources inouïes en matière d'arnaques et de comédies pour soutirer aux quidams tout ce dont elle pouvait avoir envie. Et les confidences s'obtenaient beaucoup plus facilement que les deniers. Elle nota l'attitude de la sorcière, mais n'en tira qu'une impression vague et indicible. A vrai dire, quelques minutes plus tard, sa tête roula finalement sur la table. Le visage à moitié recouvert par ses cheveux, elle ne se fit plus remarquer que par un discret bruit de respiration légèrement ronronnant. _________________
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Dernière édition par Nicolette Belgem le Mer 7 Mai - 17:25, édité 1 fois |
|  | | Denis réam Weisse Rose


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| Sujet: Re: Maison de la Sorcière Mer 7 Mai - 16:22 | |
| Denis avait attendu que la jeune parisienne tombe dans le someil pour enfin commencer une conversation sérieuse avec la sorcière. Il y avait des éléments que mademoiselle Belgem devait mieux ne pas connaître, pour son propre bien. Il se resservit un peu de vin, et demanda a la guérisseuse de s'assoir face a lui, Peut-être que discutter à tête reposée pourrait appaiser l'ambiance électrique qui régnait entre Denis et Kéara.
"" - Nicolette a raison, le spectre s'est enfui bien avant que les dévoreurs n'arrivent. C'est d'ailleurs probablement pour celà qu'ils s'en sont pris a nous, ne trouvant pas la nourriture qu'ils attendaient. Mais passons, les dévoreurs d'âmes ne sont plus un problème pour le moment. Je voudrais maintenant, s'il vous plaît, que vous me parliez, comme la suggérée notre chère dormeuse, que vous me parliez des rumeurs concernant le pensionnat que vous avez pu entendre de la part des gens du village. ""
Il n'attendait pas beaucoup de la réponse de mademoiselle Nimuë , sachant qu'elle était nouvelle arrivante en ces lieux. Ce n'étais qu'une manière de remettre ses pensées en place avant de révéler quelques nouvelles données à la guérisseuse. Il prit subitement dans une de ses mains le pendentif pendant au cou de Kéara, d'une manière étonamment douce. C'était une des clefs, il en était certain. La dame en noir... Beau mystère que devait être celui-là.
""- Cette... Dame en noir, ne serait-elle pas à l'origine de votre venue en ces lieux? Mademoiselle, je ne crois pas à la chance, ni aux coïncidences: cette dame en savait probablement beaucoup plus que nous tous sur le mystère. J'ai moi même reçu quelques lettres m'enjoignant de venir en ces lieux, je me demandais donc si vous étiez dans la même situation que moi.""
Il se rappelait d'une des missives, anonyme, écrite probablement de la main d'une femme. Il s'était toujours demandé comment cette personne pouvait avoir connaissance de l'existence du chasseur. Mais le plus troublant était le contenu de la lettre. D'ordinaire on écrivais a un chasseur pour anéantir quelque monstre, souvent en proposant une récompense. Non, là il n'en était rien. "Vous vous devez de venir en ces lieux, vous vous devez de chercher la solution des énigmes qui se proposeront à vous. Vous ne recevrez rien pour cette entreprise, et vous avez de fortes chances d'y laisser votre âme. Mais il est vital que vous vous rendiez en ces lieux. Les lycans y règnent en maîtres. " Il avait compris depuis quelques temps déjà que l'on avait utilisé son aversion envers les lycans pour le faire venir en ses lieux.
"" - Kéara, nous avons été manipulés, nous sommes en ces lieux de simples pions, et dans l'ombre se joue une partie qui nous dépasse. J'ai parlé d'enfer sur Terre, c'était une métaphore, mais il est certain que de graves évènements se déroulent, si monstrueux que l'on nous cache la vérité de crainte que nous n'abandonions. Alors je n'ai plus que deux questions a vous poser, jeune guérisseuse... La dame en noir tenait elle vraiment à vous? Nos espoirs reposent sur le fait qu'elle ne nous ai pas sacrifiés pour quelque obscure cause. ""
Il regarda la jeune demoiselle en train de ronfler légèrement: une jeune ingénue de contes de fée, une cendrillon; dans la vie réelle, les cendrillons mourraient bien vite. Mais elle avait une particularité: elle possédait l'innocence, quelque larcins de jeunesse n'avaient pas endommagés son coeur, elle agissait pour le bien avec candeur. Son sang était plein d'innocence.
"" - Ce n'est qu'une enfant, Kéara, et comme de nombreuses personnes vivant dans ce pensionnat, il y a de fortes chances qu'elle ne passe pas l'hivers. Je ne passerais sûrement pas l'hivers moi-même, et c'est peut être mieux ainsi. Mais j'ai la folle certitude que tant que nicolette restera saine et sauve, il y aura de l'espoir . Voici donc ma dernière question: quand je viendrais a disparaître, acceptez vous de prendre le relais, et de protéger cette jeune femme? ""
Il se tut un instant: il était las, las de vivre, las de se battre. Il était grand temps que son calvaire prenne fin. Celà aurait dû être ce soir, celà aurait été une bonne chose. Il était désormais obligé de continuer, mais une perspective le rassurait quelques peu: il ne sortirait pas de cette région vivant.
"" - Kéara, ce soir, vous avez obtenue ma confiance. Je ne cesserai pas pour autant de m'opposer a vous lorsque nos visions se feront face, mais je vous accorde le droit de poser toute les questions que vous désirez me concernant, et j'y répondrais avec autant de franchise que je le peux. A défaut d'adhérer a mes raisonnements, peut être les comprendrez vous... Après celà, je ramènerais Nicolette a ses pénates. "" _________________ Le savoir, c'est le pouvoir: cachez le bien |
|  | | Keara Nimue

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| Sujet: Re: Maison de la Sorcière Mer 7 Mai - 17:55 | |
| [concours, vraiment trop facile, c'est du copier/coller X3]
Le léger claquement que fit la tête de Nicolette en heurtant le bois de la table lui fit détourner le regard, et elle sembla alors redevenue elle-même, si tant est que ces mots veuillent dire quelque chose et aient une réelle signification. Un léger sourire, amusé, vint se pendre à ses lèvres.
Elle reporta son attention vers le Chasseur.
"Alors, je suis rassurée... Il n'y a rien de mieux pour décider un enfant à aller dormir que de lui montrer que le croque-mitaine le mangera si il reste éveiller..."
Sa voix était étrange, un peu enrouée, et imprégnée de fatigue. Elle s'inquiétait autant pour les morts que pour les vivants, et elle était soulagée d'entendre que la jeune servante était repartie dans son sommeil éternel, et n'était pas prête de se réveiller. Demain, lorsqu'elle irait purifier le cimetière, elle renforcerait les défenses autour de la tombe de cette jeune fille. Elle rapporterai aussi des chrysanthèmes, car celles qu'elle avait apporté pour remercier la servante avaient finis en poussière...
A l'invitation de Denis - un comble, elle était chez elle !- elle s'assit en face de lui. Elle évita de croiser son regard, ses mains prenant soudainement un intérêt incomparable !
"...Il y a des rumeurs... Des délires de malades... Certains disent avoir vu des monstres, des fantômes... Il y a une méfiance qui s'installe, surtout depuis les événements du pensionnat. Elle n'y était pas, avant. C'est ce que m'a dit le tavernier... Les enfants ne sortent plus, on leur raconte que la Velue est ici."
Un sourire, mi figue mi raisin, quelque part entre amertume, ironie et amusement, fit à nouveau son apparition. Elle reprit :
"Mais il n'y a rien. Rien de bien concret... Pour l'instant. Mais avec les événements de cette nuit, je ne doute pas que les langues vont se délier."
Soudain, la Sorcière parue pensive. Une idée avait germée dans son esprit vif... Elle sourit, à nouveau, avec une douceur qui étaient complètement en contradiction avec ses paroles :
"Et si les secrets mettent du temps à remonter à la surface, je pourrais peut-être leur donner un petit coup de main, afin qu'enfin les langues aillent bon train et que nous puissions apprendre quelque chose."
Le "nous" signifiait bien ce qu'il signifiait. Maintenant, Nickie, Denis, et elle, étaient embarqués dans la même embrouille... La jeune Guérisseuse se leva, alla vers l'armoire, et sortit une minuscule flasque pleine d'un liquide doré qui semblait briller dans la nuit. Elle en versa un fond dans un godet, le coupa avec de l'eau, et retourna s'assoir en face de Denis, sirotant l'étrange boisson au goût sucré et un peu fort, mais tellement bon après une soirée mouvementée... Elle écouta attentivement le Chasseur, fixant de son regard félin le visage du monsieur lycanphile. Mais lorsqu'elle l'entendit parler en ces termes de la Dame en Noir, elle manqua de s'étouffer. Elle toussota dans son verre, et lorsqu'elle eut retrouvé sa respiration, ses yeux brillaient d'une colère froide. On avait jamais vu la Sorcière en colère... Jamais. Sauf quelques fois, il y a bien longtemps, du temps où elle se prénommait Katja, dans la petite école de campagne.... Ses lèvres en se pinçant devinrent livides, mais elle reposa d'un calme glacé son verre sur la table. Elle n'éleva pas la voix, car elle ne souhaitait pas troubler le sommeil de Nickie. Mais elle plongea ses yeux de chat qui brillaient étrangement dans le noir. Sa voix tremblait légèrement, témoin de l'ire qui l'occupait en cet instant.
"Jamais, plus jamais, Herr Réam, m'entendez-vous, ne parlez de la Dame en Noir en ces termes. Ne doutez jamais du courroux d'une sorcière."
Et soudain, ce fut comme si l'abcès se crevait, et elle soupira, baissant la tête, comme abbatue. Elle releva vers lui un regard de petite fille :
"C’était ma mère, Denis !... Oh ! ce n’est pas elle qui me l’a dit ; au contraire, elle, elle me disait que ma mère était morte et qu’elle était une amie de ma mère... Seulement, comme elle me disait aussi de l’appeler : « maman ! » et qu’elle pleurait quand je l’embrassais, je sais bien que c’était ma mère..."
Une pause, et elle reprit contenance. Elle avait légèrement honte d'avoir montré son immense faiblesse qui tenait en l'amour incommensurable qu'elle portait à la Dame en Noir.
"J'ignore si c'est elle qui vous a également envoyé ici, je ne suis pas sans méconnaître sa nature d'intrigante, mais... Je sais qu'elle ne m'aurait jamais sacrifiée. Elle m'aime m'entendez-vous ?"
Les derniers mots sonnaient faux, comme si elle tentait de se convaincre elle-même. Oui, elle n'avait pas été sacrifiée, car la Dame en Noir avait toujours pris soin d'elle... Mais l'aimait-elle ? ...
Elle respira profondément, et profita du silence pour suivre le regard du Chasseur et elle aussi contempler le sommeil paisible de la Sansovin. Et dire qu'elles avaient le même âge... Non, Nickie devait être d'un an plus jeune. Peut-être deux. Mais la Guérisseuse était tellement hors du temps, ayant vécu tellement différemment qu'elle avait quitté l'enfance depuis bien longtemps, alors que Nickie, adorable comme un ange chafouin -si tant est que ces deux mots puissent se côtoyer- devait à peine en sortir.
D'un geste habile, elle reprit le pendentif d'argent qui était encore entre les mains du bibliothécaire alcoolique, et le remit à sa place. Se fut avec soulagement qu'elle sentit à nouveau du contact glacé du métal contre sa poitrine chaude. Enfin, elle répondit aux paroles de Denis sur un ton grave, qui ne lui était pas inhabituel.
"Je la protégerai, bien entendu, mais promettez-moi de prendre soin d'elle jusqu'au bout, Herr Réam..."
Enfin, elle ajouta avec un petit soupir triste.
"Moi, j'aimerai passer l'hiver... Je ne compte pas rester longtemps dans ce village... J'aimerai que tout finisse très vite... J'aimerai continuer mon voyage...Partir vers l'Ouest, en France... Peut-être même traverser en Angleterre, en Irlande, et puis l'Amérique... Je m'appellerai Eleanor Souffle-Brume... Ou alors je partirai dans le Sud, dans un grand port, au milieu des épices, des plantes et des agrumes. Si j'avais été encore une enfant, je me serai appelée Brynn et je me serai faite pêcheur d'oranges..."
Elle cessa là son babillage, ses rêveries. Elle parlait naturellement, comme si elle connaissait le Chasseur depuis longtemps. Pourtant, il ne faut jamais se fier à un Chasseur... C'était de bien beaux projets, mais impossibles, car il semblait que toute sa vie, elle serait dans l'ombre de la Dame en Noir et de son doux parfum.
"Je compte sur vous et votre franc parler. Je suppose que vous avez également ma confiance. Quant aux questions..."
Elle chercha. Oui. Il y en avait bien une. Mais c'était indiscret. Elle parla d'une voix douce et sereine, malgré tout un peu embarassée.
"C'est contre ma nature et contre mes principes. Pourtant il fut un temps où je fus une enfant très curieuse. Ce soir, il semblerait que je sois à nouveau trop téméraire..."
Elle était douce, calme et gracieuse. Mais elle tournait autour du pot. Enfin elle demanda, du genre question "poignée de porte". Le genre où l'on discute de choses inintéressantes pendant plusieurs minutes, puis, au moment de partir, la main sur la poignée, on se retourne, et on pose enfin la vraie question.
"Pourquoi faites-vous tout ça ?" _________________ Carpe diem quam minimum credulo postero...
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|  | | Denis réam Weisse Rose


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| Sujet: Re: Maison de la Sorcière Mer 7 Mai - 22:28 | |
| [CONCOURS]
""- Pour ce qui est de la promesse, considérez la comme tenue. Pour ce qui est des raisons de mes actes, elles sont multiples, parfois difficiles à exprimer, mais je ferais un effort. Je suis un chasseur, et les chasseur ne prennent cette charge qu'après avoir rencontré d'autres chasseurs, qui acceptent de devenir leurs maître, dans des circonstances bien souvent tragiques. Croyez vous que j'ai toujours ressemblé à celà?""
Denis fit un petit signe de ces deux mains, parcourant son corps de haut en bas. La sorcière n'avait pas pu rater les nombreuses cicatrices parcourant la carcasse fine et musculeuse, tanée par les élèments. Un corps bléssé, des yeux qui n'exprimaient que haine et tristesse: il ressemblait par moment plus a un des monstre qu'il combattait qu'a un humain, il était presque aussi sinistre qu'une âme damnée.
""- Je ne vous mens pas si je vous dit que j'avais tout pour moi, soyez en sûre: j'étais beau garçon, ma carrière était bien menée, j'étais promis a un brillant avenir. Mais ce n'était que peu de chose comparé au bonheur que je vivais: j'avais pour femme le plus merveilleux des êtres, et une enfant rieuse qui lui ressemblait follement.J'étais un jeune et brillant officier a la vie presque parfaite. ""
Il serra son poing, sentant l'alliance patinée par le temps et tailladée par les combats se lover contre son pouce. La mélancolie... cette tristesse profonde et inexprimable, il ne la connaissait que trop bien, elle était sa seule compagne, la seule chose qui ne le quittait jamais, sa seule "amie" durant les longues soirées de saoulerie...
""- J'ai tout perdu, en un instant: êtres chers à mon coeur, intégrité physique, joie de vivre... Ils m'ont tout pris, sans raisons, et le destin à osé pour parfaire l'horreur me garder en vie. Je hais les lycans qui m'ont fait devenir ce que je suis , je ne vis plus que pour détruire le plus de créatures possibles, spécialement les loups-garous!""
La rage se lisait dans son regard: terriblement puissante, déchainée, tout juste contenue par un semblant de raison. Il baissa légèrement la tête, ces longs cheveux recouvrant son visage comme pour lui donner une apparence encore plus sinistre. On aurait dit un fantôme, un esprit vengeur. Le reste de sa phrase fut comme dictée d'un ton mécanique, monocorde:
""- Chacun des lycans que je prend dans mes filets connaît un sort pire qu'une éternité de douleurs, mais ne croyez pas comprendre si facilement le sens de ma vengeance. Je sais pertinemment que ces actes n'empêcheront pas les souvenirs de me tourmenter, je fais celà pour autre chose. Je ne rend pas non plus la justice d'un dieu qui m'a trahis, souillé, spolié, qui m'a joué cette farce immonde. Non, je ne travaille que pour moi, je n'ai pas en mon coeur une quelconque pensée humaniste. Je crache au visage du diable et de ses démons. vous ne le comprendrez peut être pas, mais je suis réellement mort il y a dix-septs ans, je suis plus mort que la jeune servante de tout-à-l'heure. Je suis l'apôtre d'une vengeance grise, ubrique, et je guette ma propre mort avec impatience. J'ai perdu mon coeur, Kéara, il y a tellement longtemps que je ne me rappelle plus quel effet celà fait d'en avoir un.""
Il redressa sa tête, comme sortant d'une profonde torpeur.
""- pourquoi est-ce que je vous aide en ces lieux, en ces circonstances? Parce que je suis comme un papillon, un bien étrange papillon, qui cherche a se brûler les ailes dans la plus profonde noirceur. Pourquoi je protège Nicolette? Parce que figurez vous que ne pas avoir de coeur ne veut pas dire ne pas avoir d'objectifs, ni de présentiments : et je ressens le besoin de la protéger, ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien , mais je sais qu'elle est importante pour mon objectif: faire le plus de dégats possibles a l'équipe d'en face, avant d'être sorti par l'arbitre. Vous considérez sûrement celà comme une forme de suicide, et vous n'avez peut être pas tort. Quand au fait que la dame en noir soit votre mère, celà me réconforte quelque peu. Pour envoyer sa fille , elle doit considérer que la tâche n'est pas impossible, si elle est telle que je le pense.Peut-être survivrez vous assez pour voir paris. Le coeur de Paris, c'est une fleur, Une fleur d'amour si jolie Que l'on garde dans son coeur, Que l'on aime pour la vie. Je suis bien le seul homme a ne plus aimer paris, je n'aime plus la beauté , ni l'amour."" _________________ Le savoir, c'est le pouvoir: cachez le bien |
|  | | Nicolette Belgem Weisse Rose


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| Sujet: ... Ven 9 Mai - 23:56 | |
| Ses paupières semblèrent peut-être un peu trop crispées. Elles papillonnement imperceptiblement, et ses lèvres blêmirent légèrement, mais dans l'ensemble la jeune femme tint parfaitement son rôle. Au-delà de la torpeur du demi-sommeil, elle ressenti en un amalgame confus de sensations engourdies la peur qui lui enserrait les côtes, la résolution, mêlée à une pointe de rébellion, et, plus puissant, plus poignant, quelque chose d'indicible, de violent, qui lui remontait aux yeux. Quelque chose qu'elle ne connaissait pas ainsi. Un élan d'affect, peut-être, de reconnaissance, pour ces deux bras cassés contre qui elle avait été ballottée par la tourmente des évènements. La torpeur anesthésiait ses sens, mais pas le trouble qu'elle ressentait. Elle ne comprenait rien, encore moins à travers le sommeil qui pesait sur ses tempes comme un carcan, l'empêchant d'associer ses idées. Elle avait pourtant compris quelque chose, c'est qu'à partir de maintenant, il y aurait un "nous", aussi instable soit-il. Elle comptait bien passer l'hiver, et eux avec, quitte à se faire taper dessus. Hors de question de se faire porter, désormais, pour ainsi dire, ils dépendaient les uns des autres. C'était ce qu'elle ressentait, plus qu'elle ne se le formulait, confusément, et paradoxalement limpide et irrécusable. Elle retint son souffle à la question de la guérisseuse. Jamais elle ne l'aurait imaginer oser la lui poser. Elle-même n'était pas certaine de s'y être ainsi risqué. Elle retint son souffle, écoutant, luttant contre la torpeur, et en même temps désirant ardemment ne rien entendre. Elle avait l'impression d'entendre quelque chose de défendu, de souillé. Quelque part, la carapace de mépris qu'elle s'était obligée à porter vis-à-vis de ce type vola définitivement en éclats, remplacée par un malaise teinté de crainte, d'estime. Sûrement aussi d'une forme de tendresse. Elle risqua à travers ses cils un regard brumeux. Il avait l'air d'un vieux lion blessé, efflanqué, sali de sang. Humilié. Bien plus que d'un vautour. Une chose était certaine, elle ne lui ferait jamais l'affront de lui laisser ne serait-ce que douter de ce à quoi elle avait assisté. Quitte à le traiter comme un salaud. Impossible pour qui que ce soit de déterminer ce qu'elle avait entendu de cet échange, elle-même n'en serait plus certaine quelques minutes après, tandis qu'elle replongeait dans les brumes. _________________
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|  | | Keara Nimue

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| Sujet: Re: Maison de la Sorcière Mar 13 Mai - 19:07 | |
| [Concouuurs ♥]
Keara pencha la tête sur le côté, comme une enfant triste. Elle le regarda, ses deux pupilles félines parcourant chacune de ses cicatrices qui racontait une histoire différente, mais qui avaient toute le même point de départ : les mots que Denis prononçait. Il avait tout perdu. Une grosse larme, tiède et salée, vint rouler sur sa joue claire. A nouveau, elle redevenait cette femme-adulte intemporelle. Il avait tout perdu. Ces mots résonnaient étrangement dans sa tête. Elle avait un peu de mal à comprendre ce que l'on pouvait ressentir, car elle, elle n'avait jamais rien eu à perdre. Mais un déclic se fit et elle comprit alors, effleura la douleur que pouvait ressentir cet homme blessé. Non, pas blessé, pire : estropié. Estropié d'un cœur, privé de chaleur et de bonheur, de joie simplement. Il y avait quelque chose qu'elle pouvait perdre. Elle venait de s'en souvenir. L'amour de la Dame en Noir. Rien que de sentir son esprit affleurer cette idée, son cœur se brisait déjà, et elle se sentait prise d'un vertige sans précédent. Alors, c'était ça ? Ca, en étant tout à fait réel ?
La perspective était plus que terrifiante. Un bref instant, elle regretta le don qui l'avait fait dire sorcière : celle de comprendre, comprendre n'importe quoi, même la souffrance des gens. La Guérisseuse se serait bien passée de toucher à la blessure du Chasseur... Guérisseuse. Elle sourit intérieurement, d'un sourire amer. C'était bien là un mal qu'elle ne pouvait guérir, même avec toute la volonté du monde.
Après un court moment de silence, elle dit simplement, de sa voix sincère :
"Je comprends."
Une pause.
"Ne me regardez pas ainsi, Herr Réam. Je comprends. C'est mon don et ma malédiction."
Elle souffla plus qu'elle ne soupira, puis baissa les yeux.
"Quant au sort que vous faites subir aux lycans, je ne réprouve pas comme je n'approuve pas. Ce n'est pas mon affaire, mais si je me retrouvais face à l'un d'eux, je privilégierai une mort rapide."
Nouveau silence.
"Je suppose que vous devez me trouver ingénue. Je suppose aussi que j'aimerai bien Paris... J'ai toujours aimé les voyages, de toutes manières."
Un sourire timide et fugace d'enfant. Son regard de chat, brillant étrangement dans la pièce plus ou moins sombre, se porta sur Nicolette qui ronronnait sur sa table, l'esprit dans la brume. Puis, sans briser l'harmonie de l'atmosphère, souple et silencieuse, elle alla vers le meuble imposant d'apothicaire. Elle s'agenouilla sur le sol parsemé de sable blanc, ouvrit un placard, en sortit une pile de livres surmontés d'ustensiles bizarroïdes (c'était le terme !), et une quantité d'autres choses étonnantes, mais sans grand intérêt pour l'affaire qui nous occupe. Il était d'ailleurs étonnant de noter que tout cet attirail rentrait dans un si petit placard. Enfin, après un léger claquement, et le froissement léger du bois qui frotte contre le bois, la Sorcière sortit deux petits objets, referma le double fond du placard, remit tout le bastringue à sa place, et se releva tout en époussetant les pans de sa robe blanche qui était déjà en mauvais état. Elle s'approcha alors de Denis, prit sa main et posa l'objet en question dans sa paume couturée de cicatrices.
"Voilà. Comme je devine que je ne vais pas vous suivre partout comme un gentil chien, je vous confie ceci. Vous êtes un Chasseur, vous connaissez donc le principe de l'appeau. Même si l'idée de me comparer à une vulgaire bête ne m'enchante guère et vous réjouirai trop, sifflez, et j'entendrai. J'arriverai alors..."
Elle soupira, puis regarda Denis avec un sourire en coin.
"N'abusez pas, ou alors vous verrez les flammes de toutes vos bougies virer au bleu."
Il n'y avait personne dans la région qui oserait contrarier la sorcière, car, comme disait la comptine : "Quand flamme bleue monte de ta bougie Par une sorcière ta chance a péri"
Puis, elle fit le tour de la table, jeta un regard indéchiffrable à la poulbot, avant d'effleurer rapidement le front brun de la jeune fille. Elle venait de la signer. Elle avisa la poche encore intacte de l'habit qu'elle portait, et glissa un petit morceau de bois clair : du sorbier, marqué d'un trait horizontal et deux plus petits, verticaux, en dessous de ce même trait. La lettre L de l'alphabet des arbres, magie des celtes : Luis, le sorbier, arbre de vie lié à la divination et l'ambre, c'était un puissant talisman contre la foudre, les maléfices et les démons. Il fallait bien ça pour une petite poulbot effrontée X3
Elle se retourna à nouveau vers le Chasseur et reprit avec sérieux.
"Voilà. Vous pouvez la ramener au pensionnat. Vérifiez les cheminées, si il n'y a pas de serpents dedans. Fouinez du côté des cuisines aussi, observer si le lait ne surit pas, que le bois ne se tord pas, et si le pain prend bien. Si quelqu'un se blesse avec son propre couteau, gardez un oeil dessus... C'est généralement ainsi que commence une malédiction domestique... même si je crains que nous ayons affaire à une bien plus sombre histoire...Je vous fais confiance, Denis."
Elle jeta un oeil mélancolique par la fenêtre où le croissant de lune illuminait la nuit d'une lueur blafarde.
"Il est possible que nous entendions bientôt les coqs chanter à la lune."
Elle resta un moment silencieuse, plongée dans ses pensées, puis sourit avec bienveillance, retrouvant l'expression habituelle de son visage, celui clair et doux qu'elle offrait aux villageois.
"Bonne nuit, Herr Réam. Nous nous retrouverons très bientôt" _________________ Carpe diem quam minimum credulo postero...
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|  | | Denis réam Weisse Rose


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| Sujet: Re: Maison de la Sorcière Mer 14 Mai - 0:51 | |
| [CONCOURS XDD]
La réponde de la guérisseuse troubla quelque peu le chasseur, qui y répondit d'un air renfrogné et contrit, sa voix dégageant une amertume pleine de douleur:
"" - Quelle que soit votre "malédiction" je n'ai besoin ni de votre compréhension, ni d'être plaint. Je suis ce que je suis, et je m'accomode de ma situation. Accabler les autres ne m'avance en rien, veuillez me pardonner pour vous avoir troublée""
Il écouta néanmoins avec attention les dires de la sorcière; mais ne jugea pas bon de faire une de ces remarques acerbes. Il secoua doucement nicolette, afin de la sortir définitivement de sa torpeur. Puis il prit l'appeau sans un mot, respectueusement, avant de rassurer la sorcière.
"" - Bien que les chasseurs de mon type sont plutôt comparables a des proies piégée qu'à des chasseurs classiques, je sais comment me servir de ce genre de chose, et je n 'en abuserait point. Je connais les présages et je vous rapporterait leur occurences. ""
Raccompagnant la jeune nicolette a la porte, il jugea bon de prodiguer un conseil totalement extérieur a l'affaire a la guérisseuse.
"" - Vous voulez voyager, j'ai connu un homme qui aimait a voyager, et a réalisé son rêve. Il rêvait d'une ville étrangère, une ville de filles et de jeux, il voulait vivre d'une autre manière dans un autre milieu. Mais le plaisir du voyage n'est accompli pleinement que si l'on a un chez soi ou rentrer... Cherchez votre pays, votre campagne, votre chaumière, vous n'apprécirez que plus vos aventure passées. Allons y Nicolette, a moins que vous ne désiriez poser quelque question? "" _________________ Le savoir, c'est le pouvoir: cachez le bien |
|  | | Nicolette Belgem Weisse Rose


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| Sujet: Re: Maison de la Sorcière Jeu 15 Mai - 0:55 | |
| Toute cette dernière partie de la conversation lui avait échappé. Les sourcils de la jeune fille s'étaient à peine froncés dans son sommeil lorsque les doigts de la guérisseuse l'avaient frôlé ; elle ne su rien de l'appeau, ni des conseils de Keara. Pourtant Nickie se raidit au contact du chasseur, tant par un instinct qui la laissait peu désireuse d'être touchée dans cette position vulnérable, que par cette impression amère qu'elle ressentait à son égard. Le premier effleurement l'avait rappelé à la conscience, mais elle garda les yeux clos quelques secondes supplémentaires, bien plus surprise par cette infime douceur de la part de Réam que de toute celle, pourtant stupéfiante à ses yeux, déployée par la guérisseuse. Elle finit par se lever, un peu chancelante, les yeux à demi clos. Elle entendit à peine la remarque du chasseur, ou plutôt l'enregistra comme une suite de mots auxquels elle n'attribuait aucun sens particulier. La tête alourdie de brumes, elle ne répondit que par un borborygme tant stoïque que profondément éloquent. Pas de questions, plus de questions avant d'avoir dormi : sa tête risquait fort bien d'imploser si une information de plus venait s'y ajouter. La bouche pâteuse, elle parvint à articuler au milieu d'un bâillement quelque chose de vaguement compréhensible, qui ressemblait à peu de chose près à ceci :
" 'risquepadetombersurquelqunenrentracetteheur' ? "
Elle se fit vaguement la réflexion qu'il ne manquerait plus pour couronner sa réputation dans cette école que de se faire prendre à rentrer à une heure avancée de la nuit en compagnie du bibliothécaire du pensionnat, mais cette idée pathétiquement triviale ne lui inspira absolument rien. Décrétant qu'elle finirait par se laisser retomber sur place si elle restait sur le pas de la porte, elle adressa à Keara un regard et un pâle sourire qui résumaient tout à fait bien ses sentiments, et ouvrit la porte sur l'obscurité balayée de neige, frissonnant sous la gifle d'un vent chargé de flocons. _________________
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