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| Sujet: Si par une nuit d'automne une voyageuse... Dim 24 Fév - 16:26 | |
| Le voyage avait été interminable. Mais il ne s'était pas montré pour autant dénué d'enseignements. La jeune fille avait eut la chance immense et rare de monter dans un train. Une expérience un peu effrayante peut-être -imaginez vous seulement que cette machine va à plus de 50 km/h ?- mais terriblement excitante pour une jeune noble russe, même si elle n'en avait pas montré grand chose. La rareté des lignes de trains lui avait fait traversé une partie de l'Europe, mais elle avait finalement finit le voyage jusqu'en Autriche en calèche. Et c'était nettement moins confortable. Le véhicule la ballotait au gré des nids de poules, les routes étant plus ou moins entretenues. Kira soupira, et s'appuya négligemment sur la vitre de la voiture, ses yeux se perdant sur le reflet vague de grosses gouttes d'une pluie glaciale qui rendait le chemin sur lequel ils s'étaient engagés boueux, faisant peiner les chevaux, pourtant deux bêtes de traies, robustes et magnifiques. Le cocher les avaient prévenu qu'il était temps qu'ils arrivent : l'essieu menaçait de se rompre. Ils ? Kira posa ses yeux noisettes sur la silhouette sombre qui reposait sur la banquette en face d'elle. La pénombre dans la calèche l'empêchait de distinguer ses traits, mais elle imaginait qu'il dormait. Il, Alphonse Diener, son précepteur, intendant dans la maison des Lubovna. C'était un homme d'âge mûr. Sa famille, d'origine allemande, était au service des Lubovna depuis plusieurs générations.
Enfin, au détour d'un virage, au travers du rideau de pluie qui battait les vitres, la jeune fille apperçu les lueurs blafardes et tremblotantes qui paraient un château à l'architecture étrange, mélange entre gothique et roman, un soupçon inquiétant peut être.
"Il semblerait que nous arrivions."
Kira sursauta -mais la calèche ballotait tellement que cela passa inaperçu- et eut un pâle sourire à l'intention de son serviteur.
"J'aurai juré que vous vous étiez assoupi, Alphonse."
"Il serait difficile de trouver le sommeil en voyageant sur ces banquettes, mademoiselle Kira Domovoïna."
Kira approuva d'un signe de tête, qui dans la pénombre, resta invisible. Ils finirent pas franchir de hautes grilles de fer forgé, et pénétrer dans une cour pavée, et ce fut avec un certain soulagement que la jeune noble vit le véhicule s'arrêter. Un valet vint ouvrir la porte, trempé jusqu'aux os pour avoir voyagé à l'extérieur. Il ouvrit un parapluie, et Kira, soulevant légèrement un pan de sa robe, sauta prestement du marche-pied, pour se réfugier sous l'abri tendu. Elle portait encore la toque de fourrure traditionnelle de son pays, et elle avait jeté sur sa robe de voyage écarlate une légère cape doublée. Ce n'était pas comme si il faisait plus chaud en Autriche qu'en Russie, toutefois ce fut l'impression qu'elle eut en descendant. Cependant l'humidité était présente, et elle ne regretta pas d'être bien couverte. Son précepteur prit le parapluie, et s'avança avec elle vers le péron, alors que les autres serviteurs s'occupaient des bagages. Tout en franchissant les derniers mètres qui les séparaient du bâtiment, Alphonse commença à lui faire ses dernières recommandations.
"Vous le savez déjà, mais les pensionnaires di'ici viennent de toute l'Europe, y comprit de l'Angleterre."
"Je sais, Alphonse. Je me montrerai digne de l'honneur de ma famille et de ma patrie."
Son ton était poli, mais légèrement agacé. Alphonse continua :
"J'ai transmit les consignes suite à votre état de santé."
Il lui ouvrit la porte du hall, et s'effaça. Il fit signe aux valets quant aux bagages, puis finalement, s'inclina légèrement. Avant de le quitter, la jeune russe se retourna avec grâce et légereté.
"Merci, Alphonse. N'oubliez pas d'embrasser ma mère, mon père, et mon cher petit frère Dimitri."
Alphonse déclara qu'il n'y manquerait pas. Et Kira fit les derniers pas qui la séparait du hall.
[==> le hall ] |
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