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Il était une fois.

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MessageSujet: Il était une fois.   Jeu 29 Nov - 14:24

Faustine regardait par la vitre de la voiture. Elle n'appréhendait en rien la situation, mais semblait plutôt intéressée par l'endroit où on la conduisait présentement. Bien que sa vision soit quelque peu gênée par les torrents de pluie glaciale qui se déversaient au-dehors, mais aussi sans doute car le ciel était devenu d'un noir intense, comme si quelqu'un avait déversé une bouteille d'encre dessus, elle n'eut pas de mal à apercevoir, imposant et majestueux, le pensionnat qui allait bientôt l'accueillir. La voiture avançait avec difficulté, les chevaux n'étant pas très rassurés du fait des intempéries. La jeune aristocrate soupira, et de la brume se forma, au contact de l'air chaud à celui de l'air froid. En effet, il faisait un temps hivernal, pour une saison qui aurait plutôt dû se révéler accomodante. Tout cela était décidément très imprévisible. Il s'agissait là d'un manque d'organisation. Faustine fronça les sourcils. Elle était plongée dans une profonde réflexion, de laquelle elle fut brusquement tirée lorsque la voiture s'arrêta.

La portière s'ouvrit doucement, laissant peu à peu pénétrer l'air glacé qui venait du dehors, et qui ne demandait qu'à s'engouffrer dans le convoi confortable. Faustine releva la tête et adressa un regard à son domestique. Un de ces regards qui vous donnent l'impression que votre âme est en train de s'embraser, provoquant ainsi un malaise et une maladresse inévitable. Le domestique en question était vêtu d'un complet noir, et arborait une chaude cape de voyage, mais qui n'était sûrement pas de la même qualité que celle de sa maîtresse. Celle-ci s'éclaircit la voix en attendant une explication sur ce qui avait freiné le cours de ses pensées. Le domestique se répendit une excuses pendant une ou deux minutes, et se lança dans une explication confuse après que Faustine eût émis un bruit d'impatience, un claquement de langue. Selon son domestique, ils étaient arrivés à destination.

Faustine se fit descendre de la voiture, puis s'essuya ses mains gantées pour ne pas garder de traces du toucher de son valet. Devant elle se dressait le pensionnat Roseblume, si rennomé dans le monde entier. La jeune aristocrate ne fut nullement impressionnée. Plutôt déçue, à vrai dire. La bâtisse était d'une architecture plutôt originale, sans conformité aucune. Elle semblait lugubre et, avec l'effet du temps qu'il faisait, Faustine avait la très nette impression qu'il allait falloir égayer un peu le quotidien de cet établissement à l'allure austère. Parcourant des yeux les parcs et forêts qui s'étendaient à perte de vue, examinant chaque fenêtre, analysant chaque pierre, la jeune demoiselle conclut par un reniflement dédaigneux.


« Ainsi, voici le pensionnat Roseblume, dit elle. Et bien, je suppose qu'il ne me reste plus qu'à prendre mes valises et entrer, n'est-ce pas, Philippe? »

Ledit Philippe, qui tenait à sa vie, et bien qu'il ne fut pas doté de capacités extraordinaires, perçut immédiatement la pointe d'ironie subtilement placée dans la phrase de sa maîtresse. D'un simple regard, il ordonna à deux subordonnés de se charger de prendre les multiples valises qui appartenaient à la jeune noble. Empreinte d'une certaine bonté, celle-ci ne fit aucune remarque, en ce qui aurait pu concerner un quelconque châtiment pour ne pas avoir eu le réflexe d'aller tout de suite chercher les valises. Aucune ne tomba. Les domestiques qui servaient les Vallières étaient assez méticuleux et prenaient garde à ne rien faire de travers, étant donné les sanctions qui pourraient s'en suivre. Sans plus s'attarder sur les détails, Faustine décida de rentrer, dans ce qui allait être, pour les prochaines années, sa nouvelle demeure.
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MessageSujet: Re: Il était une fois.   Sam 15 Déc - 15:51

Une ombre noire flottait…Elle n’était qu’une ombre parmi les ombres, mais une sorte d’aura maléfique s’en dégageait…Elle s’approcha, glissant, ou plutôt flottant, au dessus du sol qui avait une étrange consistance molle. L’humain baissa les yeux, où se trouvait il ? Qui était il ? Le temps n’était pas à la réflexion, il avait la certitude qu’il fallait fuir, il tourna les talons mais se pris les pieds dans l’étrange matière qui composait le sol…Ses doigts s’enfoncèrent de plusieurs centimètres dans la saugrenue substance. L’homme grimaça d’horreur en se rendant compte que ce qu’il avait d’abord pris pour de la mousse était en fait…Des restes…Des restes humains, et autres choses des plus désagréable…Il se tourna, l’Ombre était à présent sur lui…Elle ressemblait à un homme, de haute taille, le visage blanc, presque transparent…Mais ... Un visage vide, ni yeux, ni nez, ni bouche…Seulement une fente béante à cet emplacement. L’homme s’époumona en un même cri avec la créature…

Le jeune homme au teint blafard au fond de la voiture bougeait, ses yeux pivotaient en tout sens sous ses paupières closes. Sa respiration se faisait de plus en plus haletante. Pourtant personne n’intervenait…Le majordome conduisait comme il pouvait la voiture sous la pluie battante, la servante se contentait d’observer du coin de l’œil son maître. Elle était habituée à ces ‘crises’, les années avaient révélées que le jeune homme était insomniaque, et les rares moments où il fermait l’œil étaient peuplés de ‘cette’ créature étrange…La vieille servante tourna son visage fatigué vers l’extérieur, tout ça ne lui inspirait rien de bon.

La voiture qui tentait désespérément de remonter le chemin boueux fit un brusque écart, sans aucune raison…Enfin vu de l’extérieur, car le jeune noble qui se trouvait à l’intérieur venait de bondir sur son siége avec un effroyable cri…Il mit quelques minutes à se souvenir de son identité et du lieu où il se trouvait. Il fronça ses fins sourcils, il s’était endormi par inadvertance… Il jeta un coup d’œil à ses deux accompagnateurs qui feignaient de n’avoir rien remarqué, le majordome s’affairait à remettre la voiture sur le droit chemin tandis que la servante triturait le bas de son tablier. Il plaqua son crâne contre la vitre, observant les arbres se plier sous les violentes bourrasques et la pluie battante. Mais le reste du chemin fut bien cour, les yeux du garçon s’arrêtèrent rapidement sur des lumières provenant d’un bâtiment aux allures glauques. Dans une dernière embardée la voiture se stoppa, Alekseï grimaça, il allait devoir salir ses chaussures pour pouvoir atteindre le Pensionnat. Le majordome s’empressa de descendre les bagages et la servante d’ouvrir un parapluie pour protéger son jeune maître avant d’ouvrir la portière.

Avec son habituel air hautain le jeune Allemand descendit de la voiture, observant rapidement de ses yeux verts les chevaux aux airs affolés. Il dirigea ensuite son regard vers le majordome qui n’allait pas assez vite à son goût… Il mit ça sur le compte de la vieillesse, il faudrait en parler à Père… Ses yeux s’attardèrent ensuite vers une autre voiture, garée un peu plus haut…Il y avait donc un autre arrivant qu’il trouverait sûrement à l’intérieur…Se fut à pas lents et digne que le garçon atteignit les hautes portes, il laissa le majordome l’ouvrir, et abandonna la servante d’un air dédaigneux en entrant dans la grand salle.


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