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| | Requiem aeternam dona eis; Domine | |
| | | Auteur | Message |
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Keara Nimue

Inscrit le : 29 Mar 2008 Messages : 389 Origine de votre personnage : Autrichienne Son clan : die Weisse Rose Rose Blume Votre clan: Die Weisse Rose Cours que vous suivez: Vos objets personnelles:
| Sujet: Requiem aeternam dona eis; Domine Jeu 19 Juin - 15:47 | |
| ...et lux perpetua luceat eis.
Keara marchait dans les ruelles du village, ses chaussures de cuir crissant sur le sol gelé - bottines de médiocre qualité, mais bien suffisantes pour patauger dans la neige fondue. Il n'y avait pas grand monde à circuler dans les rues du village. Il faut bien reconnaître que le vent glacial et une température frôlant le négatif sont des arguments fort convaincant pour rester au coin du feu. D'habitude, l'hiver, les gens réparent les petites avaries des travaux d'été: remettre un harnais en état, remplacer le manche de la pelle, recoudre les chaussettes, que sais-je encore ? Pour la Guérisseuse pourtant, pas de ce genre d'activités reposantes. Oh ce n'est pas qu'elle aurait détesté se retrouver en cet instant à faire mijoter quelques pot-au-feu, et lire quelques manuels... Mais non, aujourd'hui, il faut se bouger le popotin. Elle devait avoir à faire au prêtre. Elle ne se serait pas risquer à rencontrer l'ancien curé de la paroisse, mais celui-ci, elle ne le connaissait pas encore. Peut-être qu'avec la petite sphère d'influence qu'elle s'était forgée pourrait elle s'entendre avec lui... Oh oui, c'était une utopie pure et simple... Mais bon. Elle était juste là pour une commission, elle n'allait pas à confesse. D'ailleurs, cette perspective la fit sourire. Elle, pêcher ? ... D'un geste, elle chassa les images de la nuit au cimetière. Hem. Bon...
Enfin, elle s'arrêta devant la grande bâtisse de pierre sombres et certaines recouvertes de lichen. Cela fit sourciller Keara. Il devait bien avoir de la salpêtre...près de la crypte sans doute... A nouveau, elle chassa ces pensées de son esprit. Non, trop dangereux de fouiner par là. Elle enverrait les marmots ^___^
Rajustant sa cape de laine grise autour de ses épaules, ses cheveux parsemés de quelques flocons de neige, elle tapa ses pieds contre les marches du parvis, afin d'en faire tomber les plaques de boue et de glace qui s'y étaient collées. Enfin, elle poussa la porte du bâtiment sombre et lugubre.
A l'intérieur, il ne faisait pas plus chaud, ni plus sec; on était juste coupé du vent. Elle se dit que ce n'était pas étonnant que le prêtre précédent ait été obligé de quitter son service plus tôt que prévu : il devait avoir pas mal de rhumatismes... Ahaha ! Ca lui apprendrait à ne pas venir chercher des remèdes chez elle ! X3
La nef semblait déserte; ses pas résonnaient entre les bancs de bois simple. Quelques cierges brûlaient, et il flottait dans l'air des restes d'encens, indiquant qu'on avait célébré Laudes il n'y avait pas si longtemps. La jeune femme laissa son regard vagabonder sur les saintes icônes peintes sur les murs, les petites niches où reposaient les statues représentant les diverses stations du chemin de croix, et les vitraux. Rien de tout cela n'était luxueux, ni particulièrement beau. Cette atmosphère lui rappelait simplement l'école de campagne où elle avait été élevée. Chère, très chère dame en noir...
La Guérisseuse saisit distraitement un missel qui trainait là. Elle retira ses gants, révélant des mitaines de laine, et fit glisser ses doigts sur le papier fin des pages, pour arriver à un passage qu'elle connaissait bien. Elle prononça les paroles du bout des lèvres, mais ce murmure fut étrangement amplifié par l'écho.
"Heureux celui qui lit, et ceux qui écoutent les paroles de la Prophetie Et gardent ce qui s'y trouve écrit car le temps est proche... Apocalypse selon Saint Jean, 1-03..." _________________ Carpe diem quam minimum credulo postero...
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|  | | Frederik De Neibourg

Age : 17 Inscrit le : 04 Mai 2008 Messages : 55 Origine de votre personnage : France Rose Blume Votre clan: / Cours que vous suivez: Vos objets personnelles:
| Sujet: Re: Requiem aeternam dona eis; Domine Dim 22 Juin - 1:44 | |
| Cela faisait déjà plusieurs jours que le jeune prêtre était entré dans son rôle de nouveau gardien de l'église, cependant il ne connaissait pas encore grand monde. Bien sûr, la nouvelle du nouvel occupant de l'église s'était assez bien répandu, mais la foi ne semblait pas être la priorité des habitants du village... Même du côté des nobles du pensionnat, Frederick n'avait vu qu'une seule personne interne franchir la porte de son église et encore c'était à cause de la pluie.
Peu importait, Frederick s'occupait seul des cérémonies et prières dans la plus grande alégresse que pouvait lui donner sa foi en Dieu. Il ne ressentait pas de solitude tant qu'il savait que le Seigneur était là, et, comme il est omniprésent, Frederick ne souffrait jamais de son éloignement des autres.
Aujourd'hui, c'était pour une course que Frederick quitta sa paroisse un moment, à son grand désaroi tant il aimait de plus en plus le silence qui y règnait, comme s'il avait pris posséssion de cet endroit et qu'il l'avait réservé à son seul plaisir religieux. Bref, il s'était absenté peu de temps pour aller commander assez de cierges pour ses cérémonies et de quoi les faire tenir , Frederick ne tenait pas à mettre le feu au bois qui composait les différents éléments de la chapelle et qui avait l'air aussi inflammable qu'il était vieux. Une légère toux et un petit écoulement nasal tentèrent de le convaincre de passer acheter quelques médecines chez l'apothicaire du village, mais non, ce sont ses prières et des tisanes qui lui rendront sa vitalité -bien que de passer de longues heures dans un endroit gelé sans bouger n'était pas conseillé, même pour un prêtre.
Enfin, absence de cire au magasin et foi moyenne envers les plantes qui guérissent firent qu'il retourna les bras vides à son église bien-aimée. Quelle perte de temps, surtout par ce temps enneigé, alors qu'une demande polie au Seigneur lui aurait permi d'illuminer son esprit et de soigner son mal (ah, que c'est beau la religion !). Il revint sur ses pas, là où sa paroisse se tenait. Elle n'avait pas changé d'une brique... tiens ? Si ! La porte ! Elle était entrouverte ! Frederick se souvenait l'avoir fermé mais pas à clé au cas où une brebis égarée viendrait retrouver sa voie dans la maison du Seigneur. Il espérait que c'était cela, et non quelques athés assoiffés de sang et d'hérésie !
Retrouvant son calme -il ne fallait pas crier au loup trop tôt- le jeune prêtre passa la grande porte discrètement (au cas où quelqu'un serait en pleine prière, lui détesterait qu'on vienne le troubler ainsi !) et la referma doucement derrière lui. Une dame ayant l'air assez jeune se tenait debout, près des bancs réservés aux fidèles, un livre de messe dans les mains. Elle venait de murmurer quelque chose. Quoi, Frederick ne le savait pas, mais le rythme de ces paroles lui rappelait quelque chose. Pas grave, lorsqu'il s'approcha, la jeune dame le remarqua et tourna la tête vers lui. Frederick s'engagea :
" Bonjour. Je suis heureux de voir que des personnes se rendent encore dans mon église pour montrer leur foi, comment vous appelez-vous ? "
Il attendit la réponse avant de se présenter par la suite.
" Je suis le Père Frederick, puis-je vous être d'une quelconque utilité ? "
(hors-rp : rah, pourquoi je suis le plus inspiré tard le soir ? -_-" Je vais prendre une couleur quand je parle maintenant sinon on voit moins bien...) _________________ Nous transmettons le pardon du Seigneur, ceux qui commettent des péchés sont là pour être pardonnés et les autres pour brûler dans leur hérésie... |
|  | | Keara Nimue

Inscrit le : 29 Mar 2008 Messages : 389 Origine de votre personnage : Autrichienne Son clan : die Weisse Rose Rose Blume Votre clan: Die Weisse Rose Cours que vous suivez: Vos objets personnelles:
| Sujet: Re: Requiem aeternam dona eis; Domine Mer 25 Juin - 21:51 | |
| Keara aimait ces paroles; Aimer les paroles de l'Apocalypse peut-être, au premier abord, quelque chose de bien singulier. Devant un non-initié, elle passerait certainement pour une sataniste, une adepte des messes noires, ou tout simplement...une sorcière. Ahah. Non, en effet, la jeune femme n'était pas une sorcière. Elle était LA Sorcière, ce qui, vous l'avouerez, fait toute la différence. Keara, donc, aimait le prologue de l'Apocalypse, avant les lettres aux sept églises. Apocalypse signifie Révélation. Et quoi de plus merveilleux que la révélation du savoir, de la lumière et de l'amour ? La chose que Keara n'aimait pas, c'était la manière dont la Bible avait été traduite. Que ce soit une traduction de Jerusalem, ou bien oecuménique, ou qu'en sais-je encore... Et puis, depuis le concil de Nicée, il y avait cette Bible canonique. Un mince sourire, fugace et discret, passa sur ses lèvres roses pâles. Elle repensait aux discussions enflammées -plutôt des monologues sur ces sujets là- avec son maître quant au livre saint. Elle se souvenait des flammèches de colère qui illuminait ses yeux sombres: "c'est se couper du savoir !" "de la manipulation de texte !" Oh bien sûr, cela restait un secret à l'intérieur du presbytère, et Keara était certaine que même la bonne n'avait jamais rien entendu à ce propos. Heureusement d'ailleurs, parce que pour un prêtre exorciste -ordre rare et honorifique- il était peu dogmatique ... Et c'était un rien de le dire.
Mais de toutes manières, il semblait que la vie entière de la Sorcière serait vouée au bafouement des dogmes -et ce n'était pas forcément pour lui déplaire- : née du pêchée, son corps en était marqué : en effet, avec quoi sa mère avait bien pu trafiquoter pour donner naissance à une enfant à la peau d'albâtre, aux cheveux d'un blond blanc, mais surtout des yeux d'un vert intense, fendu par une pupille verticale, à l'instar des chats ?? Un démon peut-être :p Mais le secret de sa naissance était bien gardé, et même ce qui se trouvait sous les dalles de sa maison était incomplet. A ce propos, la Guérisseuse remerciait le ciel d'avoir fait de cette église un lieu sombre: ainsi, il suffisait qu'elle ne regarde pas l'homme de robe dans les yeux, et il ne s'appercevrait de rien. Sinon, il y aurait une odeur de cochon grillé le lendemain...
Pour en revenir à l'Apocalypse selon St Jean, il y avait autre chose qu'elle n'aimait pas : le fait que seuls ceux ayant la foi soient sauvés. Elle était persuadée que même parmi les gens cartésiens existaient de bonnes âmes... Mais comme je l'ai dit plus haut, le texte a été manipulé, et on ne supporterait pas qu'un Dieu bon et miséricordieux fasse une telle chose. C'était la position de prêtres fanatiques ce genre de chose...Mais passons sur ces discussions théologiques.
Son coeur faillit manquer un battement lorsqu'elle entendi une voix derrière elle; elle n'avait pas entendu approcher le prêtre. Fichtre, cet homme de foi serait vicieux ?? Elle se retourna, comme une enfant prise en faute. C'était d'ailleurs ce à quoi elle ressemblait, avec son regard pleins d'innocence, ses mèches blondes clairsemée de neige encadrant son visage aux joues rosies par le froid... Il était vrai qu'il y avait une ressemblance troublante entre ce visage pur et clair, et les icônes du livre saint.
"Bonjour mon Père. Je...Je..."
Assurément, il allait trouver son nom peu orthodoxe (et peu catholique d'ailleurs...); elle ne pouvait s'inventer un nom sur le champ, ou bien elle allait s'attirrer des ennuis au village. Son nom de batême ? Personne n'en avait jamais entendu parlé et personne ne l'entendrait jamais. C'était le genre de chose que l'on lit seulement sur les tombes. Et en effet, c'était bien un secret qu'elle comptait emporter dans la mort: son nom pour seul épitaphe... Mais soit.
"Je suis Keara Nimue. J'habite un peu en retrait du village, aussi ne nous sommes pas encore croisés je présume. Peut-être avez-vous parler de moi par vos paroissiens ? Je suis l'herboriste, et la sage-femme de ce village.
Ces termes étaient un bon compromi : elle ne mentait pas ainsi, et ne finirait pas sur le bûcher. Innocente enfant...
"J'aimerai vous entretenir de quelque chose...Je ne sais aussi si vous avez ouï des tristes évenements qui se sont passés au château récemment..."
Quoi de mieux qu'un curé pour savoir ce que les potins ? Oh bien sûr, il était censé être lié par le secret de la confession, mais...comme on dit.. Diguidig don don ce sont les filles des forges, des forges de Paimpont digiduig dondon... ♪ (cf la chanson Les filles des forges de tri yann :p) _________________ Carpe diem quam minimum credulo postero...
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|  | | Frederik De Neibourg

Age : 17 Inscrit le : 04 Mai 2008 Messages : 55 Origine de votre personnage : France Rose Blume Votre clan: / Cours que vous suivez: Vos objets personnelles:
| Sujet: Re: Requiem aeternam dona eis; Domine Dim 29 Juin - 15:14 | |
| D'habitude Frederick devinait la nature de ses interlocuteurs par l'odorat, un moyen impartial et infaillible de connaitre les habitudes, gouts, voir lieu de résidence et métier des gens qu'il rencontrait. Mais là, son léger rhume l'empêchait d'utiliser ses capacités olfactives et il dut obtenir sa première impression en écoutant la voix de la jeune dame (la vue était trompeuse, de plus il faisait sombre dans l'église).
Après une petite hésitation, elle affirma s'appeler Keara Nimue. étrange ? Frederick n'avait jamais entendu cela, et puis la sonorité du nom indiquait qu'il n'était pas d'origine autrichienne. Mais revenons à la première idée : pourquoi cette hésitation. Il était vrai que le Père Frederick était assez discret, mais pas au point d'effrayer quelqu'un. Toutefois, le mensonge n'apparaissait pas sur son visage, une bonne chose.
Keara indiqua ensuite qu'elle était... herboriste et sage-femme ? Bien qu'aider la naissance de nouveaux fidèles était une des plus belles choses au monde, employer des plantes et les corrompre afin d'obtenir des liquides aux propriété soi-disant... magique... (ce mot faisait frissoner Frederick rien qu'en y pensant, tandis qu' "herboriste" ne lui donnait que la sensation d'un pic dans la poitrine) ou alors curative... Comme si le Seigneur ne savait pas venir en aide à ses fidèles malades... Enfin bref, Frederick contint sa fureur évangelique et continua d'écouter Keara.
"J'aimerai vous entretenir de quelque chose...Je ne sais aussi si vous avez ouï des tristes évenements qui se sont passés au château récemment..."
Au château ? Le pensionnat de nobles Rose Blum ? Frederick y avait été faire un tour quelques jours auparavant, mais... étrangement et honnêtement, il ne retrouvait pas les souvenirs de sa visite... Comme s'il se cachait des choses à soi-même, ou s'il refusait tout simplement de se rappeler de certains faits. Il y avait rencontrer un pensionnaire, un homme dont le nom résonnait avec un accent autrichien, mais ensuite... plus rien...
Avant cela, des rumeurs avaient en effet frappé à la porte de ses connaissances, cela avait réveillé la curiosité de Frederick, mais ses dernières préoccupations importantes s'était passées dans l'église comme quotidiennement.
" Sincèrement, j'ai déjà entendu parler d'événements particuliers dans ce château, mais je n'ai jamais su quelles étaient ces particularités. Si vous me dites tristes, ça veut dire que quelque chose de grave est arrivé. j'aimerai bien vous écouter à ce propos, mais j'aimerai savoir en quoi cela me concerne-t-il ? Et en tant que personne ou en tant que prêtre ? "
Pour le moment, il ne savait si le problème était d'ordre moral, sentimental ou religieux, dans les 3 cas Frederick était prêt à écouter.
edit, hors-rp : | Keara Nimue a écrit: | | Fichtre, cet homme de foi serait vicieux ?? | T'as pas pu t'en empêcher ? XD _________________ Nous transmettons le pardon du Seigneur, ceux qui commettent des péchés sont là pour être pardonnés et les autres pour brûler dans leur hérésie... |
|  | | Keara Nimue

Inscrit le : 29 Mar 2008 Messages : 389 Origine de votre personnage : Autrichienne Son clan : die Weisse Rose Rose Blume Votre clan: Die Weisse Rose Cours que vous suivez: Vos objets personnelles:
| Sujet: Re: Requiem aeternam dona eis; Domine Mer 20 Aoû - 16:27 | |
| hrp : I'm baaaack ! Et oui, je n'ai pas pu m'en empêcher, tu arrivai par derrière avec ton gros crucifix...
L'homme de foi cilla lorsqu'elle se présenta comme l'herboriste du village. Mais sur quel genre de prêtre particulièrement obtu était-elle tombée ? Car enfin, il était connu que c'était les moines qui avaient été les premiers scientifiques quant aux herbes, don du Seigneur pour soulager notre corps; la prière pour purifier l'âme, et les herbes pour guérir les infections de la chair. Non, assurément, ce cureton là n'avait jamais mit les pieds dans un monastère, ou alors réprouvait-il les jardins potagers et les productions d'excellents vins des abbayes. Enfin, il était jeune, et Keara était prête à parier que c'était la première fois qu'il était en charge d'un diocèse. Mauvais point. La jeune femme regrettait tristement la mort de frère Guillaume, et plus amèrement encore le fait qu'aucun homme de robe ne partageât ses opinions. En les temps troublés de cet étrange hiver, elle aurait eut plus que tout besoin d'un prêtre exorciste qui s'était déjà frotté au démon. Car elle n'avait que 18 ans, une formation à peine complète, ne possédait pas de l'appui de l'Eglise, et le prêtre qui lui faisait face avait à peine du poil au menton et n'avait jamais sûrement rien vu...
Le père Fréderick lui demanda des précisions. Mauvais, mauvais.
"Mon Père... Je ne viens pas vous voir pour une confession, mais pour que vous fassiez votre office. Récemment, au pensionnat, une jeune servante a été tuée. Ne me demandez pas de détails, les habitants du château sont très discrets, et les serviteurs, qui viennent me voir pour requérir mes services de temps en temps, font courir des rumeurs plus folles les une que les autres. Mais cela ne fait aucun doute que c'est l'oeuvre du Malin entre ces murs !"
Là, la Guérisseuse fit une pause pour observer la réaction de son interlocuteur. Elle pesait chacun de ses mots, pour paraître l'âme en paix, point trop fanatique, mais fidèle, et surtout pas Sorcière. Elle revint à l'objet de sa visite : elle espérait ne pas passer trop de temps si près de ce prêtre qui, au moindre doute, n'hésiterai sûrement pas à la faire monter au bûcher. Car, d'après ce qu'elle avait vu et entendu, ce n'était pas un modèle de miséricorde...
"Mon Père, il faut que vous sachiez que cette enfant était dès plus innocente, et surtout, n'avait pas de famille dans la région. Aussi, si elle a été enterrée dans le cimetière, il n'y a pas eu de faste, et si son pauvre corps a été béni, il n'y a point eu de messe des morts. Je suis ici, mon Père, pour vous demander de faire dire le Requiem à sa mémoire, afin que son âme soit en paix et puisse rejoindre le Seigneur.
Il y avait un tel accent de sincérité et de compassion dans sa voix qu'il aurait été difficile de refuser. La Sorcière sortit de sous sa cape une petite bourse maigrelette.
"Ceci est une avance; je dois percevoir quelques sous pour mon labeur dans peu de jours. Je vous demande donc de me laisser un délai afin que je complète la somme pour votre office."
La jeune femme tendit au prêtre les pièces, tout en songeant à ce fichu Chasseur qu'elle n'avait pas vu depuis quelques jours et qui lui devait un tas d'argent pur pour services rendus. Mais faites confiance à un Chasseur... Enfin. Bon. _________________ Carpe diem quam minimum credulo postero...
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