Nicolette Belgem Weisse Rose


Inscrit le : 22 Mar 2008 Messages : 539 Origine de votre personnage : Française Son clan : Weisse Rose Rose Blume Votre clan: Weisse Rose Cours que vous suivez: Vos objets personnelles:
| Sujet: La Sansovin Sam 22 Mar - 14:16 | |
| Nom : Belgem Prénom : Nicolette Surnom : Sansovin, Nickie Age : 17 ans Nationalité : Française Clan : Weiße Rose
Background :
Elle ne payait pas de mine ; la petite Nickie, Nickie du Collège Impérial, le collège au sein duquel elle avait grandi. La petite Sansovin, comme aimaient l’appeler les gens du voisinage. Fille adoptive de son oncle Giuese Belgem, commerçant bourgeois à qui revenait l’idée mémorable de se débarrasser de cette orpheline qui lui était tombée sur les bras, en la plaçant sous le toit du Collège de France, elle n’en avait pas moins grandi au fil des rues, s’élevant au milieu des titis et des chiots fous, tout autant que des érudits. Par l’intermédiaire de ses savantes relations, l’oncle, alors mécène de plusieurs expéditions scientifiques – et des plus profitables pour le Collège – avait facilement trouvé moyen de reléguer au milieu des professeurs le rebut que sa chère sœur lui avait laissé à sa mort. C’est ainsi que Nicolette avait passé une certaine partie de sa vie sous la responsabilité de professeurs et autres scientifiques, suffisamment érudits pour lui inculquer un semblant de l’éducation bourgeoise à laquelle tenait son oncle, pas assez patients pour supporter de la lui administrer dans la règle de l’art. Sansovin avait alors fait sienne une vie de bohème, loin de l’attention de ses tuteurs délégués. Tout autant que des couloirs de l’école, elle avait fait du dédale Parisien son terrain de jeu, et des gouttières son domaine – au grand dam du concierge du College et de sa gouvernante. Un cas plus ou moins classique, en somme. Avant d’atterrir dans les bras de Giuese Belgem, à l’âge de dix ans, elle avait fait partie de ces mouflets qui arpentent les pavés de Montmartre. Pas tout à fait orpheline, puisqu’elle affirmait à qui voulait l’entendre que sa mère l’attendait. C’était parfois vrai, quand elle n’oubliait pas l’existence de sa fille au profit d’une flasque d’absinthe. Probablement juste une fille de ritale, à en juger par sa crinière et ses sourcils noirs. Il y en avait toute une floppée, depuis l’unité Italienne et la libération des balkans. Mais un rital, c’est catholique. Alors les religieuses de la Sainte Famille de Bordeaux avaient consenti à faire de « la Sansovin » une nouvelle Nicolette, et à s’en débarrasser lorsqu’elle fut capable de traverser comme un minuscule bolide la nef de l’église Saint-Pierre de Montmartre. Elle avait alors cinq ans. Trop peu pour travailler, trop pour être recueillie gratuitement. S’en suivirent quelques années de vagabondages ; de Montmartre au Luxembourg, du Luxembourg au bois de Boulogne, en passant par l’Hôtel de ville, ou que sais-je encore. Auprès de la Meute, cette flopée de voyous qui arpentait Paris, elle avait couru les toits et chevauché les gargouilles, vivant d’arnaques ou de manche, de petits travaux ou de vols à l’étalage. A suivre les pigeons et les rats en quête de nourriture, ses pas l’avaient menés à pas mal d’endroits. Son premier pied-à-terre fixe avait duré quelques mois, au cœur de Belleville, où pour un salaire modique elle avait joué un temps un rôle d’assistante auprès d’une grisette soupe au lait, la mère Morand. Ses gages avaient tôt fait d’être glissés sous la taie d’oreiller de sa mère, ce qui n’empêchait pas ladite housse d’être vide à chaque nouveau soir. Une fois finies ses journées à la mercerie, Belleville était à elle et les gargotes, cabarets et autres nids à canaille n’avaient qu’à bien se tenir. A l’âge de neuf ans, les soirées enfumées auprès des danseuses de quadrille, filles de bordels et vieux bourgeois venus s’encanailler avaient finit de l’amuser et l’incendie qu’elle provoqua à la mercerie l’encouragea à saluer bien bas la mère Morue et à repartir à l’aventure. Elle fut tour à tour allumeuse de réverbères, videuse de poissons et comédienne de caniveau, avant d’être avertie de la disparition de sa mère, qui avait généreusement pris la précaution, par on ne sait quel inspiration géniale, de la placer par serment sous la responsabilité d’un parent plus ou moins proche. Giuse était un grand type d’une quarantaine d’années, à la peau tannée et crevassée et aux cheveux encore incroyablement noirs. Il considérait d’un œil gourmand le monde du haut de son mètre quatre-vingt dix, mais n’était parvenus qu’à caresser les soixante-dix kilos, ce qui lui conférait une ravissante silhouette de lombric. Bien qu’étranger, il avait trouvé le moyen de se bâtir une situation de moyenne bourgeoisie. Mais sa fibre paternelle étant ce qu’elle était, il avait préféré se débarrasser du paquet cadeau auprès de l’institution au sein de laquelle il possédait quelques contacts redevables, puis d’avancer la somme requise pour exiler en Autriche sa pupille.
Description :
- Physique : Elle lui avait fait l'effet d'un moineau surpris par l’averse. Assise sur sa grosse valise rouge, ses pieds croisés l’un sur l’autre, elle suivait du regard les trains qui passaient en sifflant à la hauteur du quai. La pluie glacée et pénétrante qui s’abattait sans discontinuer avaient plaqué ses cheveux noirs sur son front olivâtre et sur ses joues constellées de tâches de rousseur. Ses yeux sombres se perdaient au fond du tunnel dans lequel venait de disparaître un wagon au bord duquel elle ne monterait pas. Farouches, ils semblaient trouer son visage amaigrit comme deux immenses boutons noirs. Sous les mèches mouillées qui tombaient sur son visage, ses sourcils nets, un peu épais, dessinaient sur sa figure en forme de cœur l’air d’extrême sérieux dont peuvent faire preuve les jeunes enfants. Un petit grain de beauté, bien visible, affleurait au-dessus de l'oeil gauche, sous l'angle prononcé du sourcil. Son petit menton de chat dardait en avant d'un air volontaire, comme son nez, court et légèrement retroussé, lui aussi nué de tâches de son. En équilibre sur ses bagages, ses jambes maigres se perdaient dans sa culotte masculine et rapiécée. Couché à ses pieds, un énorme chien gris ronflait plus ou moins discrètement, contrastant par son allure robuste avec la carrure dégingandée de sa maîtresse.
Son fusain courait sur le papier et esquissait les contours du visage, du cou brun, des épaules. Des morceaux entiers d’elle, que le charbon traçait sur les feuilles humides. Un deuxième train passa dans un long hurlement, et l’averse devint bruine, diluant sur le papier les membres maigres et nerveux. Sur une nouvelle page apparaissaient progressivement des poings striées de veines bleues et couverts d’hématomes, serrés, esseulés sur le papier blanc. Un bruissement mal dissimulé attira enfin son regard qui bondit sur les feuilles, puis sur lui, dardant sa prunelle sombre quelque part entre ses deux yeux. Planté comme un pieu entre ses sourcils. De ce regard, il gardait un souvenir vigoureux, fugitif ; il avait vivement rangé son bloc, comme par crainte de se piquer. Comme une flamme qui brûle rapidement une page de papier, il s’était imprimé sur sa rétine, la consumant en l’espace d’une fraction de seconde. Il n’avait su déterminer ce qu’il y avait vu. Quelque chose de farouche, de fier, provoquant ; quelque chose d’extrême, d’intense, violent. Et elle fila comme un chat.
- Caractère : Débrouillarde ; c’est l’un des premiers mots qui eut put vous venir à l’esprit si vous aussi l’aviez regardé jouer sur ce au-vent, au milieu du marché. La valse effrénée que chantait son accordéon accélérait à mesure qu’en dessous d’elle l’attroupement de policiers perdait haleine. L’instrument semblait ricaner, tandis que les agents s’égosillaient sous l’œil railleur de cette jeune môme. Et le sourire qui courait sur son visage illustrait parfaitement la dérision de la scène. Les matraques se levaient, et elle faisait demi-tour sans se départir de l’éclat de rire qui dormait, là, juste là, à côté de la petite fossette qui creusait sa joue cuivrée. Les bajoues encore rougis et frémissants de fureur, le premier gendarme abaissa sa matraque, cherchant des yeux, à travers les gouttières, où elle pouvait bien s’être enfuie. Quelque chose de chaud et gluant qui dégoulinait sur sa tête interrompit ses recherches. Avec stupeur, il porta à sa calvitie une main bientôt trempée et poisseuse. La petite troupe fit volte-face et leva d’un même mouvement la tête vers une gouttière sur laquelle reposaient deux énormes pattes. Leur regard remonta le long d’un énorme poitrail, jusqu’à une horrible tête d’ours qui les regardait avec condescendance. Le torrent de bave qui coulait discrètement sur ses babines leur décocha un petit supplément de salive. Dans leur dos, la valse reprit de plus belle, moqueuse, joyeuse. Avec l’agilité d’un singe, la gamine posa sans hésitation un pied nu sur l’épaisse corde à linge qui traversait la venelle. Puis un deuxième. La corde tangua un peu mais elle rétablit son équilibre, précipitant ses pas. La tête levée, éberlués, les policiers la regardèrent rejoindre son corniaud. Sa disparition fut saluée par un nouveau torrent de bave et un énorme corset qui vint élégamment chapeauter le brigadier. Dans une révérence rieuse, la dernière note de la java retentit à travers les toits.
D’autres mains que celles à qui plurent d’écrire l’histoire de Sansovin l’auraient fait tourné au mélodrame. Vraisemblablement pas celles-ci. Pas d’affliction, pas de cette mélancolie tellement en vogue. La première idée à prendre en compte – et pas des plus simples à appréhender – pour cerner Nickie est celle-ci : elle aime la vie. Sans la mièvrerie des amateurs de romans quais de gare, qui voudraient la voir pour cela vouer un culte à ce qu’ils s’emploient à appeler « les petits bonheurs ». Non, la vie, elle l’aime avec pragmatisme et réalisme. En réalité, Nicolette est quelqu’un qui n’a ni plus, ni moins que la tête sur les épaules. D’un caractère plutôt optimiste, sans jamais verser dans la naïveté ou la candeur, elle n’en possède pas moins le sens des réalités et une jugeotte à toute épreuve. Ses propres idées ne sont pas polluées d’éthique puritaine ou de morale soi-disant universelle. Sansovin obéit à ses propres principes, qu’elle ne se laissera jamais dicter par la morale publique. Un nivellement qu’elle juge seulement digne des incertains incapables de s’en forger une propre. De fait, ses procédés peuvent sembler discutables pour un certains nombre de bien pensants. Peu importe : Sansovin arbore la fierté et le sens de l'honneur de ses aïeux Siciliens. Ses tendances moqueuses voir provocatrices ne sont en général que de simples façons d’exprimer sa révolte, ou bien sa bonne humeur, au choix. A mille lieues de la douceur et de la délicatesses, soit disant appanage de celles de sa gente et si prisées, Sansovin arbore un franc-parler une certaine témérité. A bien des égards, on pourrait même la qualifier de barbare. Sans jamais faire dans la dentelle, Nickie ne se prive pas de ses manières parfois rudes, qui allient une vulgarité attachante et un je-ne-sais-quoi d'élégance bohémienne, ainsi que d'une curiosité déplacée pour le rôle qu'elle est sencée tenir. Indépendante, elle ne se départit pas d’un caractère fougueux et bien trempé, ainsi que d’un besoin d’exercer une emprise sur ce qui l’entoure : pour ne pas se laisser surprendre, elle préfère contrôler, parfois à outrance, tout ce qui peut la toucher de près ou de loin. Dominatrice et passionnée, elle n’est pas du genre à se laisser porter par la vie et met un point d’honneur à ne laisser aucun doute quant à qui prend la direction des opérations. Si sa vie ne laisse pas prévoir une érudite pompeuse ou une grande dame sophistiquée, elle est, et de très loin, suffisamment intelligente pour avoir amassé au cours de ses brèves périodes de cours un niveau d’éducation tout aussi élevé que la plupart de ses camarades. Néanmoins, la culture poussiéreuse, celle à qui les andouilles aiment à mettre un grand C, la fait rire ouvertement. Bien loin de l’arrogance des dits savants, elle considère que toute nouvelle expérience et nouvel enseignement constitue une pierre à la connaissance. De fait, elle ne porte pas sur les gens le jugement typique des hommes de sciences et autres gentilshommes empoudrés ; partant en général avec un a priori positif sur les gens, elle les prend tels qu’ils sont sans faire de frontières entres les « éduqués » et les bougres.
Approfondissement :
Sexualité : Homosexuelle Langues parlées et écrites : Argot Français en première langue, Français en seconde. En plus d'un Italien satisfaisant, et d'un Allemand préhistorique.
Points forts de votre personnage : Nickie en a beaucoup, en particulier celui de s'en découvrir quand la situation le requiert... Tous moins reconnus et passables d’être vantés les uns que les autres, d’ailleurs. Funambule, promeneuse de perroquets, chevaucheuse de taureaux ou Madame Irma, ou que sais-je encore... En outre, elle joue très bien de l'accordéon. Ajoutons qu’elle a su s’adapter à un premier mode de vie où la survie est la première condition ; de la nécessité de se sortir de tous les mauvais pas est née une défense hétéroclite, tirée de bribes d’apprentissages à la plus dure des écoles, et de sa propre expérience. En combat, elle préférera toujours la fuite à un affrontement perdu d’avance, mais en cas de réelle rixe on pourra l’observer manier sans froufrous tout ce qui pourra lui tomber sous la main. Sans s’encombrer de fioritures, elle n’hésitera pas à faire preuve d’une rare violence et à se mettre hors de portée le plus rapidement possible Points Faibles de votre personnage : Bien que possédant une capacité d’adaptation assez honorable, le protocole et les bonnes mœurs ne lui réussissent pas autant qu’on pourrait le souhaiter. Sa langue natale, le gourd, rejaillit beaucoup plus souvent qu'elle le voudrait dans ses phrases, calculées comme on parle une langue étrangère. Son caractère emporté la pousse souvent à ce que les vieux morses académiques aiment appeler l’insolence, et ses goûts vestimentaires ne répondent pas tellement à celui de son milieu. Ah, ajoutons une tendance à l’irresponsabilité lorsqu’elle est prise par quelque chose qui la captive. Comme par exemple lors de sa première et dernière leçon de conduite automobile, garder un œil rivé sur un livre et la main sur le volant de cet espèce de prototype laid et bruyant s’était révélé une assez mauvaise idée. Son oncle, si fier de cette acquisition, l’avait appris à ses dépends. Autres Particularités: Rien à ajouter... Ah, si, peut-être que Nickie ne sait pas vraiment ce qu'elle fait dans cette institution et qu'elle n'a pas les meilleures dispositions du monde vis-à-vis de cet univers huppé, trop loins à son goût du dédale Parisien.
Dernière édition par Nicolette Belgem le Mar 22 Avr - 19:00, édité 9 fois |
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